Les comics de chez Marvel ont la côte en ce moment. Voici cette-fois Les Quatre Fantastiques qui ont l’honneur de prendre vie sous nos yeux ébahis.
Mais quand s’arrêteront-ils ? Sûrement pas tant que la sauce rapportera de l’argent vous allez me dire et vous n’avez pas tort. Après des films plutôt réussis comme les deux
X-Men et les deux
Spider-Man et des autres beaucoup moins comme
Hulk ou
The Punisher, voici donc, sorti du chapeau
Marvel Films,
Les Quatre Fantastiques dont les diverses bandes-annonces avaient de quoi nous laisser sceptiques. On suit donc le professeur Reed Richards (
Ioan Gruffudd) et son compère Ben Grimm (
Michael Chicklis) qui passent un accord commercial avec le Docteur Fatalis (
Julian McMahon) et embarquent pour sa station spatiale en compagnie de Sue Storm (
Jessica Alba) et de son frère casse-cou Johnny Storm (
Chris Evans). Mais la mission ne se passe pas comme prévu et ils se voient heurtés de plein fouet par un nuage de particules radioactives qui vont réécrire leur ADN. En effet, Reed est devenu élastique, Sue peut se rendre invisible et créer d’importants champs de forces, Johnny est insensible au feu et le maîtrise, et Ben est transformé en géant de pierre. Tous les quatre vont désormais devoir contrecarrer les plans de Fatalis qui a lui aussi muté pendant l’expédition et qui veut les exterminer.
Les films de super-héros peuvent être réussis quand ils sont pris en main par de bons réalisateurs, la preuve avec
Bryan Singer et
Sam Raimi. Le réalisateur s’appelle ici
Tim Story qui n’a que deux films a son actif :
Barbershop, beau succès aux USA mais passé complètement inaperçu en France, et
New York taxi, l’adaptation américaine du gros succès bien de chez nous qui s’est pris un four, toujours inédit dans l’hexagone. Difficile donc de mener à bien un premier gros projet, ambitieux certes, mais à la réalisation vraiment mal menée.
Il est difficile de s’attacher à des personnages qui n’ont pas de vraie profondeur psychologique et qui sont, qui plus est, interprétés mollement comme c’est bien le cas ici. Hormis
Chris Evans qui semble s’être amusé comme un petit fou en torche humaine et
Michael Chicklis qui arrive à rester crédible sous sa carapace de « la chose », l’interprétation est loin de frôler le génie.
Ioan Gruffudd, sensé être le chef de file tiraillé par ses sentiments ne laisse rien transparaître, et
Jessica Alba fait ce qu’elle peut mais se retrouve presque aussi invisible que le personnage qu’elle interprète. Mais la palme revient surtout à
Julian McMahon, qui sait pourtant être bon (cf. la série TV
Nip/Tuck), qui en fait des tonnes dans la caricature de son personnage de méchant, en fronçant les sourcils au maximum pour dire qu’il n’est vraiment pas content (les Razzie Awards, c’est pour quand ?).
Tim Story n’a donc visiblement pas très envie de diriger ses acteurs et, en plus de ça, il n’est vraiment pas aidé par un scénario simple au possible où il ne se passe finalement pas grand chose, l’histoire se réduisant à la découverte des pouvoirs, comment en guérir et comment vaincre Fatalis.
Le scénario est donc prétexte à un enchaînement de scènes plus ou moins spectaculaires dans un film qui sent parfois le clip à la MTV avec musique branchouille et sports à la mode. Pour boucher les carences scénaristiques, on fait donc appel aux sacro-saints effets spéciaux, qui sont dans la moyenne actuelle hormis la super-élasticité de Reed qui pue la bouillie numérique, et aux scènes d’actions, qui ne sont malheureusement pas vraiment à la hauteur (dont une scène assez ringarde de dispute entre les quatre dans la rue). Le film finit par pencher plutôt du côté de la bonne grosse « comédie familiale » (terme un peu fourre-tout) que de celui du fantastique, en nous abreuvant de vannes assez lourdingues pour pallier le manque de liant entre les moments forts. Aucune réelle tension et aucun véritable enjeu dramatique ni réelle intrigue ne viennent déranger nos neurones qui peuvent se reposer tranquillement tout le long de la projection. Si le désir de la production était de faire un film à destination des jeunes, voire des très jeunes, on peut dire que c’est plutôt réussi car pas du tout subversif, à aucun moment violent (hormis peut-être un passage de trois secondes dans un parking), distillant son humour facile. Les adultes qui cherchent un film de super-héros de la trempe du récent
Batman Begins se feront petits au fond de leurs fauteuils… Un film de super-héros plus comique que fantastique destiné en priorité à un public jeune qui appréciera les facéties simplistes des quatre héros opposés à un méchant en carton-pâte. En cas d’urgence cinéphilique, vous n’êtes vraiment pas tenu de faire le 4.