Encore un film surfant sur la mode post-Harry Potter et Seigneur des anneaux ? Détrompez vous, Le Secret de Terabithia est plus profond qu’il n’y paraît.
Des gosses qui s’inventent un royaume imaginaire rempli de géants, de trolls et autres êtres magiques. Vous devez vous dire : « Et c’est reparti pour un film fantastique qui profite de l’engouement engendré par
Le Seigneur des anneaux et les
Harry Potter, comme l’avait fait
Le Monde de Narnia .» Et effectivement, si on se fie à la promotion du film, à ses bandes-annonces et affiches, on pourrait bien tomber dans le panneau. Pourtant,
Le Secret de Terabithia, adapté d’un roman de
Katherine Paterson paru en 1977, sait se démarquer grâce à sa démarche sincère et pleine de fraîcheur.
L’histoire est simple : Jess est un jeune garçon pas très bien dans sa peau, un peu souffre-douleur à l’école et vivant dans une famille pauvre. Sa vie va changer lorsque Leslie, une fille d’écrivains, va emménager à côté de chez lui. Elle va l’emmener dans la forêt voisine où ils vont se construire un monde imaginaire afin de fuir la réalité de leur vie quotidienne. Ce jeu va les mener plus loin que prévu… Ce qui étonne de prime abord dans
Le Secret de Terabithia mais qui en fait sa force au final, c’est finalement le faible recours aux effets spéciaux, comme toujours brillamment effectués par Weta, qui ne sont là que pour appuyer par moments l’imaginaire des deux enfants. Le film s’attache plus à décortiquer la réalité de leur quotidien et de leur condition.
Assez intelligent, le film pourrait être comparé, à un degré différent, au
Labyrinthe de Pan, la guerre et le sang en moins, public familial oblige. En effet, le film se pose comme une quête où le fantastique vient seulement appuyer le réel pour mieux nous montrer la vérité en face. En ce sens,
Le Secret de Terabithia aborde avec une réelle intelligence et une agréable subtilité des thèmes aussi sérieux que la façon d’aborder la mort d’un proche, le rapport à la famille ou la condition des enfants, qui sont montrés ici sous un aspect moins caricatural que dans bon nombre de films familiaux américains. Ici, ils savent tenir un discours sensé et être réellement touchants. A travers eux, le film prône, sans jamais être lourd, l’ouverture d’esprit, que ce soit sur la culture ou tout simplement envers autrui.
Mais le film n’aurait pas la force qu’il a sans l’interprétation de très grande qualité de deux des très jeunes acteurs les plus prometteurs d’Hollywood :
Annasophia Robb et
Josh Hutcherson. Après plusieurs films, ils tiennent ici vraiment leur vrai premier rôle et nous livrent, malgré leur jeune âge, un jeu d’une maturité impressionnante. Toujours dans la sobriété, ils nous font vivre une complicité des plus sincères. Ainsi, on s’amuse et on s’évade facilement avec eux vers ce monde féerique. La suggestion plutôt que la grande démonstration à coups d’effets visuels a été un choix des plus judicieux. Il implique le spectateur dans le film, celui-ci devant faire fonctionner son imaginaire. Là réside le message que défend
Le Secret de Terabithia, qui réussit donc sa mission haut là main. N’oublions pas non plus dans la réussite du métrage la réalisation de
Gabor Csupo, dont c’est le premier long métrage live, qui sait parfaitement mettre en scène son histoire, en lui donnant le parfait rythme de croisière, sans sombrer dans le survoltage auquel quelques réalisateurs auraient pu céder. On pourrait faire un raccourci rapide en définissant Le Secret de Terabithia comme Le Labyrinthe de Pan pour les jeunes. En tout cas, il s’agit là d’un film familial faisant preuve d’une intelligence tout à fait réjouissante.