|
Critique : Hellphone |
 |
|
James Huth prouve son amour du cinéma fantastique dans la comédie adolescente Hellphone, interprétée par Jean-Baptiste Maunier.
Remarqué dès son premier film grâce à la comédie acide Serial Lover en 1998, James Huth semblait un peu disparu jusqu’à son retour derrière la caméra avec Brice de Nice en 2004. Loin de renier son grand succès public, il revient à quelque chose plus proche de sa première œuvre avec Hellphone, une comédie adolescente se déroulant dans un univers absolument barré et se basant sur un postulat absurde. Sid, interprété par le choriste Jean-Baptiste Maunier, est un élève de terminale lambda, fan d’AC/DC et de skate. Il considère qu’il ne lui manque qu’une chose pour conquérir la fille de ses rêves : un portable (il oublie au passage qu’il ne ressemble à rien, porte un appareil dentaire, est pauvre et traîne avec des nazes…). Ses moyens limités ne lui permettent que d’acheter un téléphone au rabais qui s’avère être hanté et qui lui donnera tout ce qu’il veut.
Vous l’aurez compris, on n’est pas dans le film plus intelligent de l’année mais bien dans une comédie débile absolument irrésistible. Placé dans un Paris ressemblant étrangement aux Etats-Unis des années 80, Hellphone ressemble à ce que ces taches de Quiches (auteurs du minable Foon) rêvent de faire. Les élucubrations de Sid et de son meilleur pote Pierre nous font entrer dans un univers délirant, sorte de lycée réunissant les profs et les élèves les plus barrés de l’histoire. Les personnages, malgré (ou grâce ?) à leur aspect caricatural, fonctionnent bien et sont servis par un casting se prêtant totalement au jeu de James Huth. On doit reconnaître au réalisateur et à ses deux scénaristes un talent certain pour la vanne et la capacité à créer une histoire qui se tient à peu près. Le réalisateur de Brice de Nice s’en sort même avec les honneurs pour sa gestion de l’inévitable histoire d’amour entre Sid et la jolie Angie. Sûr de lui et osant tout, Huth se permet même des références assez drôles à ses précédents films et au passé glorieux de Jean-Baptiste Meunier.
Loin d’être parfait, le film rappelle aussi combien les comédies françaises peuvent être laborieuses (les scènes avec la mère de Pierre et Poulet Fritz sont proches de l’insoutenable) mais on passe vite sur ces défauts tant Hellphone est habité par une énergie rare, surtout pour une comédie. Cette énergie, c’est celle de l’amour de James Huth pour le cinéma fantastique. Bien plus qu’une parodie débile qui se voudrait irrévérencieuse en se moquant du genre, il fait sonner son film comme une déclaration signée par un adolescent fan de tout ce que les années 70/80 voire 90 ont pu nous fournir comme grands moments de cinéma fantastique. Se rapprochant par sa volonté de filmer des oeuvres d’Albert Dupontel ou des premières heures de Jan Kounen, Huth insuffle une énergie incroyable par sa réalisation. Plein d’idées, il se permet des plans franchement pas dégueux qu’on aimerait voir plus souvent dans des films qui se prennent plus au sérieux. Il empile un peu n’importe comment les effets donnant un rythme exigeant mais mille fois plus agréable que ces comédies mollassonnes qui pullulent sur nos écrans. Certes, il y a du déchet dans les vannes et dans les effets de réalisation mais une comédie qui montre autant d’amour et d’intégrité envers un genre souvent trop mésestimé mérite tout notre respect.
|
| |
|
Publié
le 24/03/2007 par Yannick Gallepie
|
| Verdict |
Habité par un amour total pour le cinéma de genre, James Huth réalise une comédie totalement barrée et pleine d’énergie. |
7/10
|
|
|
|