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Critique : The Golden door |
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Emanuele Crialese s'empare d'un sujet puissant avec Golden door. Charlotte Gainsbourg est du voyage.
Golden door est, comme son nom ne l’indique pas, un film italien, et un film italien en costumes de surcroît, ce qui est bien assez rare pour être signalé. Pour sa nouvelle œuvre, forcément très attendue après le succès de Respiro, Emanuele Crialese a choisi un sujet tellement fort que l’on s’étonne en y repensant que si peu de cinéastes s’y soient intéressé jusqu’ici. A savoir, l’immaigration italienne du début du siècle. On songe évidemment à la superbe illustration qu’en avait donné l’italo-américain Francis Ford Coppola dans Le Parrain, 2e partie en 1975. Golden door c’est un peu cela, sans le sang, sans la mafia, mais aussi sans Etats-Unis.
L’histoire de Golden door prend sa source dans une campagne sicilienne reculée, où une famille de paysans illettrés rêvent de ce pays où « les rues sont pavées d’or », où « les poules ont la taille d’un homme adulte », où tout le monde mange à sa faim, et où les enfants ont un avenir. Jusqu’au moment où Salvatore (Vincenzo Amato, excellent), chef de famille, décide de vendre tous ses biens et de partir avec ses enfants et sa vieille mère, non sans avoir ardemment supplié le Bon Dieu de leur permettre d’arriver à bon port. Arrivés au lieu d’embarquement, Salvatore et sa famille découvrent une foule angoissée et déjà déracinée. Mais ils feront également la connaissance de Lucy (Charlotte Gainsbourg), jeune femme mystérieuse qui semble fuir toute autre chose que la misère.
Le plus grand intérêt du film d’Emanuele Crialese réside dans ce portrait touchant et peu banal d’une famille d’expatriés en route vers l’inconnu. Le réalisateur réussit ici parfaitement son coup en choisissant pour son film une structure originale qui privilégie les deux étapes habituellement sous-traitées dans les films abordant le sujet de l’immigration. A savoir, le voyage en lui-même, et l’horrible accueil réservé sur place aux touts nouveaux arrivants. Ainsi, la partie réservée au chaotique périple sur le navire surpeuplé est un très beau moment de cinéma. Entassées les unes sur les autres, parquées comme des animaux destinés à l’abattoir, des familles entières subissent sans les comprendre des situations humiliantes, qu’ils acceptent cependant sans broncher. Après tout, si c’est le prix de la liberté… La caméra d’Emanuele Crialese se met à hauteur d’homme, et sait capturer avec une sensibilité dépourvue de complaisance les rêves de bonheur, dont le spectateur sait parfaitement ce qu’il adviendra une fois le pied posé en Amérique. Et pourtant, Golden door ne mise jamais sur un quelconque misérabilisme. Mais lorsque le bateau parvient finalement à la tant espérée Ellis Island, le film déploie enfin toute sa puissance. Evidemment, un siècle plus tard, les faits quotidiens survenus sur la « Porte d’Or » sont connus et condamnés. Mais quelle intelligence de la part de Crialese d’avoir utilisé ces épreuves comme de sensibles révélateurs de souffrance plutôt que comme de simples images chocs (les scènes de « tests » sont d’ailleurs étonnamment softs).
Finalement, le seul réel défaut que l’on pourrait reprocher au cinéaste serait le traitement du personnage de Lucy. On devine que sous la fausse excuse d’une intrigue sentimentale très vite désamorcée, la jeune femme devait illustrer le point de vue tristement lucide du spectateur. Mais elle ne parvient qu’à être totalement inutile et à encombrer un scénario qui se suffisait parfaitement à lui-même. De plus, le choix de Charlotte Gainsbourg dans la peau de cette femme fatale rousse (?) s’avère être une véritable erreur. Jamais à l’aise sous sa perruque, l’actrice française n’a aucune crédibilité en bourreau des cœurs. Tant pis, on savait de toutes façons qu’on préférait la voir déambuler en mini-short avec Alain Chabat.
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Publié
le 22/03/2007 par Sabine Garcia
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| Verdict |
Une histoire forte et bien traitée, qui tire habilement parti d’un script original et remarquablement bien écrit. Dommage cependant que le personnage de Charlotte Gainsbourg parasite l’ensemble. |
7/10
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