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Critique : J'attends quelqu'un |
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Une petite ville d’Ile-de-France, une poignée de personnages aux destins affectifs épars.
Troisième film du jeune auteur Jérôme Bonnell, à la fois scénariste et réalisateur, J’attends quelqu’un repose sur un scénario simple. Sans céder aux sirènes du film choral monstre ou de la corrélation à tout prix, un nombre réduit de personnages aux liens ténus évoluent et s’entremêlent. Individus d’ailleurs anodins menant leur vie, simple en apparence : Sabine monnayant ses charmes à Louis, un couple sombrant dans l’habitude, un jeune homme regagnant sa ville natale. Au fur et à mesure, le vernis de la vie quotidienne se craquelle et dévoile les manques, attentes et souffrances inhérents à la vie. Le rire comme les pleurs y trouvent leur place.
Cadre simple. Montage épuré : ces moments de la vie sont captés avec pudeur et sensibilité, sans intrusion. La mise en scène privilégie les personnages évitant l’ostentation des plans. De cette pudeur naissent la grâce et l’émotion lors de scènes où le quotidien se fait lyrique. L’interprétation est de concert. Le jeune Sylvain Dieuaide, la méconnue Florence Loiret, les établis Jean-Pierre Darroussin, Emmanuelle Devos et Eric Caravaca, accompagnés des habitués du réalisateur, Nathalie Boutefeu et Marc Citti, endossant des rôles à priori fonctionnels : tous rayonnent.
La réussite du film est due à la personnalité de ce jeune cinéaste, à qui l’on doit Le chignon d’Olga et Les yeux clairs. Pudique et sensible, il prône un cinéma libre dans son jeu, sa réalisation, son scénario et, par extension, sa réception par le spectateur. Le texte et la caractérisation des personnages étant travaillé en amont avec les comédiens, le tournage devient alors un véritable espace de liberté et d’expérimentation. Les acteurs improvisent de nouvelles scènes, se laissent aller aux émotions, devant une caméra saisissant le moment sans contrainte… puisque la mise en scène tout aussi libre se décide sur l’instant. Elle se met au service du jeu, du lieu, du dialogue - souvent drôle – sans pour autant renier la cinématographie et livrer un cinéma auteurisant soporifique, mais plutôt transmettre une ambiance légère et touchante.
Cette liberté imprime aussi l’écriture, qui évolue au gré du tournage. Elle enrichit les scènes ou crée de nouveau personnage, comme la demoiselle aux trois chiens. Elle s’exprime par les non-dits, l’absence de jugement et dépose les personnages au carrefour de leur vie, libres de leurs actions… sous le regard bienveillant d’un auteur prometteur et du spectateur au ressenti libéré par tant de soins.
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Publié
le 20/03/2007 par Steve Gallepie
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| Verdict |
Jérôme Bonnell signe une œuvre précieuse empreinte de délicatesse et de pudeur. |
7/10
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