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Critique : Ecrire pour exister |
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Hilary Swank nous refait le coup de la prof au secours de ses pauvres élèves de banlieue dans Ecrire pour exister.
Après une très solide carrière de scénariste marquée par Fisher King de Terry Gilliam et Sur la route de Madison de Clint Eastwood, Richard LaGravenese passe pour la seconde fois derrière la caméra pour un long métrage de fiction après D’une vie à l’autre en 1999. Ecrit et dirigé par le sieur, le film porte pourtant plus la marque de son producteur que la sienne. En fait, de forts relents de MTV Films imprègnent jusqu’à l’idée de départ du film.
Ecrire pour exister est en effet l’adaptation d’une histoire vraie à la fois taillée sur mesure pour le cahier des charges de la chaîne productrice, et déjà vue et revue des dizaines de fois. En 1994 (les spécialistes de rap old school de MTV s’en réjouissent déjà !), une professeure d’un milieu huppé décide de s’impliquer à fond dans la vie de sa classe de banlieue. Pour que ces membres de gang aient leur diplôme, elle les pousse à écrire et leur montre les similitudes de leur histoire avec de nombreux faits historiques. Si on vous dit que MTV Films a déjà produit en 2005 Coach Carter, l’histoire vraie d’un entraineur de basket forçant son équipe à déclarer forfait à cause de la chute de leurs résultats scolaires, vous ne vous étonnerez pas.
Le défi pour Richard LaGravenese, qui a prouvé ses talents de scénaristes, est de tirer quelque chose d’intéressant de ce sujet convenu. Le début est somme toute intéressant et nous ferait presque croire que le traitement rattraperait le manque d’originalité. Le réalisateur arrive à imposer un réalisme plutôt bien senti qui passe autant par l’usage de la caméra à l’épaule que par le traitement du son. Malheureusement, le cahier des charges MTV, soit trois chansons à la minute, rattrape vite LaGravenese. Si l’on apprécie les bons vieux morceaux de hip-hop à l’ancienne, le film en accumule tellement pour son démarrage que les chansons perdent tout leur impact. Après un début honorable, le réalisateur livre quelques bonnes idées de mise en scène loin d’être abouties avant de tomber dans un renoncement total. Plus l’histoire avance, plus les belles promesses du début s’effacent. Il finit par empiler de longues séquences ultra-dialoguées assénant leur message de façon lourde et carrément pénible.
Richard LaGravenese est loin d’être au top de sa forme au niveau scénario aussi. Plutôt que d’adapter les écrits publiés des élèves, il s’attaque à un livre expliquant le parcours de la professeure, un choix malheureux. On se retrouve avec un récit qui hésite entre devenir une chronique sociale forte et suivre son fil narratif bateau. La mise en scène du quotidien fonctionne plutôt bien, même si l’usage presque systématique de la voix-off auquel il est associé n’est pas toujours heureux. Par contre, on se fout royalement de la vie d’Erin Gruwell, cette professeure qui a révélé la littérature à ses élèves. Si sa démarche est ô combien honorable, le traitement de son personnage dans le film lui enlève tout intérêt. Le rôle est caractérisé en cinq minutes et les intrigues secondaires qu’elle développe nous apparaissent comme des tentatives de nous faire croire à une fausse évolution et viennent parasiter le récit. Piètre performance que s’est réservée Hilary Swank pour sa troisième production. Cette histoire casse-gueule, non sans intérêt historique et sociologique, aurait définitivement mérité plus de talent et d’efforts dans son traitement pour ne pas finir avec ce résultat lourd et larmoyant.
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Publié
le 18/03/2007 par Cyril Perraudat
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| Verdict |
Une histoire vraie et forte traitée de façon lourde, et qui ne parvient pas à faire passer son message autrement qu’avec des pages et des pages de dialogues. |
4/10
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