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Critique : Hyper Tension |
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Jason Statham, intronisé roi de l’actionner du pauvre avec les deux Transporter, revient dans un film à petit budget au pitch laissant augurer du pire.
Chev Chevios, tueur à gage professionnel, se réveille tout patraque un matin et trouve un DVD dans son salon avec l’inscription FUCK YOU. La vidéo lui dévoile alors que Verona, sbire à la solde de Don Kim, que Chev a exécuté la nuit dernière, lui a injecté un « genre de merde synthétique chinoise » qui le tuera dans l’heure. Filmée en vue subjective de manière totalement braque puis enchaînant les effets les plus improbables arrosés d’un flot d’insultes, cette scène d’ouverture donne immédiatement le ton du film.
Premier film du duo de réalisateur-scénariste, Brian Taylor et Mark Neveldine, Crank, signifiant défoncé, allumé, et renommé dans notre contrée Hyper Tension, est une transposition live des jeux vidéos d’arcade old school dont la franchise GTA serait actuellement le représentant. Partant de ce principe, les deux gaillards s’acquittent du même cahier des charges - un max de fun, zéro substance - et mettent Jason Statham dans les situations les plus improbables vues au cinéma ces dernières années, qui plus est dans un seul film, ce-dernier devant maintenir son taux d’adrénaline suffisamment élevé pour inhiber le poison, et ce par n’importe quel moyen. Donc si vous voulez voir cette masse chauve traverser un centre commercial en voiture avec les flics à ses trousses, sniffer un tas de coke à même le sol des toilettes, déambuler le cul à l’air à travers la ville… ce film est fait pour vous.
Totalement assumé et décomplexé, Hyper Tension enchaîne ces moments de bravoure décérébrés qu’il ponctue par des scènes sanglantes bien drôles et son lot de parenthèses cul sympathiquement racoleuses, assaisonnées de vannes bas du front vulgaires et efficaces. Et ce ne sont pas les essais visant à approfondir l’intrigue, telles la romance du héros, la sous-intrigue mafieuse ou une tentative d’introspection schizophrénique, qui y changeront quelque chose puisqu’on s’en contrebalance éperdument. On préférera s’amuser des clins d’œil vidéo ludiques le parsemant, comme les montées d’adrénaline évoquant le mode Berserk, de la potion d’invincibilité obtenue auprès du sorcier chauffeur de taxi ou du déroulement en quasi temps réel jusqu’à ce que la partie/film se termine.
Porté par une réalisation privilégiant la caméra portée à l’épaule, ultramobile, énergique et barrée, à l’image du propos, le film nous sert tous les effets censés être utilisés avec parcimonie – freeze et accélération de l’image, split-screen, montage cut, saturation… – loin de la dialectique cinématographique d’un Tony Scott, mais contribuant pleinement à la réussite de ce bordel généralisé. D’autant que le tout est boosté par une bande originale pêchue et efficace, où l’on retrouve, entre autres, du NOFX, ce qui fait toujours plaisir.
Côté casting, outre Jason Statham parfait dans son rôle, on retrouve quelques visages familiers renforçant la sympathie de la chose : Amy Smart, vue dans Scrubs ou L’effet papillon, Francis Capra (Veronica Mars) ou bien Efren Ramirez, le fameux Pedro de Napoleon Dynamite. Certes, les réalisateurs perdent quelque peu le rythme imposé lors de scènes peu inspirées rejoignant les séries B lambda et s’emmêlent les pinceaux lorsqu’ils essaient de jouer au plus malin, comme l’atteste le dernier plan du film, mais cela n’entrave en rien l’amusement éprouvé devant ce plaisir coupable
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Publié
le 17/03/2007 par Steve Gallepie
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| Verdict |
Un divertissement en rien révolutionnaire mais efficace et bien fun. On n’en attendait pas tant. |
6/10
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