L’adaptation cinématographique de 300, signée Zack Snyder relate la bataille déterminante entre perses et Spartiates, en l’an - 480. Malheureusement, le film n’évoque guère autre chose, si l’on excepte les aberrations hollywoodiennes en vigueur. Dommage.
Comment un bataillon de 300 soldats surentraînés peut-il rivaliser, face à l' armée perse réputée la plus sanglante d’Asie ? L’affaire semble bien difficile à croire, c’est sans compter sur les véritables dieux que sont ces Spartiates peints par le réalisateur. Léonidas, personnage interprété par l’honorable Gérard Butler et roi de Sparte, en a tous les attributs : il gravit une montagne à la seule force de ses bras, se retrouve en tenue d’Adam, protégé uniquement par sa barbe divine taillée en V. Et voilà ces beaux braves usant de stratégie pour résister à l’envahisseur Xerxès, et ses monstres démoniaques qui irritent. Les bêtes ressemblent en effet plus à des dinosaures qu’à autre chose. Sans doute l’américain moyen est-il suffisamment dupe pour confondre mythologie, antiquité et préhistoire...
Heureux au jeu, malheureux en amour. Alors que Xerxès pensait ne faire de Léonidas qu’une seule bouchée, le spartiate est couvert de chance sur le champ de bataille ; tandis qu’à la cité sa femme n’attend pas sa mort pour le tromper. C’est un spoiler, je le concède, mais le pressentiment est tellement fort que je ne gâche là aucun suspense. Au contraire c’est avec surprise que nous voyons évoluer dans cet épopée antique un Gollum caractérisé, et qui endosse, une fois n’est pas coutume, les traits de Judas ; ou d’autres personnages directement inspirés de La Guerre des étoiles. A en perdre notre latin !!! Zack Snyder adresse un véritable coup de poignard au réalisme, qui avait tout de même le mérite de figurer visuellement et concrètement à l’écran avec le personnage de Théron.
Et l’on revient à la bataille, où après chaque nouvel affrontement la voix-off fait écho à la pensée unique du film : Gloire aux Spartiates, les Spartiates ne reculent devant rien, les Spartiates ne refusent jamais un combat, les Spartiates sont les plus forts. Très original et bougrement réfléchi comme message. On aurait pu se contenter de l’affiche : jamais Zack Snyder tente de donner une autre dimension à 300. Mais enfin c’est toujours plus intéressant que les plans copiés sur Gladiator, le plagiat flirtant ici avec le grotesque.
Le seul véritable attrait du film, c’est ce décor artificiel sur lequel sont littéralement plantés les acteurs, soignés et habillés au détail près. Il en résulte une impression lisse, comme si la pellicule avait été tirée sur papier glacé et l’image retravaillée à la gomme… C’est ce qui permet de recréer une ambiance, particulière, analogue à celle du roman graphique de Frank Miller.
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