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Critique : Contre-enquête |
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Attendu au tournant en tant que « premier film sombre de Jean Dujardin », Contre-enquête en oublie d’être un bon film.
C’est désormais une tradition dans le cinéma français : lorsqu’un comique veut pouvoir légitimer sa place parmi les « grands » (comprenez : les gens qui ne « s’abaissent » pas à tourner que dans des comédies populaires), il lui faut réussir son examen d’acteur sérieux. On se rappelle évidemment du Coluche césarisé de Tchao Pantin, et les exemples récents de José Garcia dans Le Couperet et de Benoît Poelvoorde dans Entre ses mains semblaient avoir consacré cette habitude.
Au lendemain du triomphe de OSS 117, le Caire nid d'espions, Jean Dujardin se trouvait être le tout nouveau candidat désigné à l’exercice. Et quoi de mieux pour se faire la main qu’un bon vieux rôle de flic torturé, qui plus est hanté par le viol et le meurtre de sa fillette. La bonne santé du cinéma policier français, la présence derrière la caméra de l’excellent scénariste de 36, Quai des Orfèvres et un partenaire de haute volée (Laurent Lucas) : tout commençait très bien pour Contre-enquête. La déception en est d’autant plus grande.
En effet, si Franck Mancuso n’a pas perdu la main et a rédigé un script de très bonne facture, sa mise-en-scène (rappelons toutefois qu’il s’agit de son premier film) est totalement inefficace. Apparemment trop désireux de faire un film « stylé », le nouveau cinéaste s’est laissé aller à des choix esthétiques peu justifiables et mal exploités, comme cette photo désaturée blafarde et moche (n’est pas Tom Stern qui veut). Désaturée, à l’image d’un film glacial et totalement dépourvu d’émotion. Non pas que l’on regrette la touche mélo que le sujet pouvait facilement offrir. Mais jamais le spectateur ne se sent impliqué dans ce qui se passe à l’écran. Est-il bien normal que la découverte du cadavre de la petite fille et la vision de Jean Dujardin écroulé de larmes et dévasté par le chagrin ne nous fasse pas réagir le moins du monde ? Et de même, les événements, les rebondissements se succèdent sans que l’on s’en préoccupe réellement. Alors, qui est le vrai coupable ? Jusqu’où sombrera le Capitaine Malinowski ? Comment s’achèvera cette terrible quête de la vérité ? Est-ce que j’ai pensé à mettre ma pizza 4 fromages au four ? Il dure combien de temps déjà le film ? 1h25 ? Ah bon, j’aurais dit bien plus...
Dommage, car Contre-enquête possède deux atouts formidables, qui sauvent d’ailleurs grandement le film du four complet. Ces atouts, ce sont évidemment Jean Dujardin et Laurent Lucas. Tous deux très impliqués, ils livrent une partition subtile et nuancée, à la hauteur de leur talent. Et il en fallait pour éviter la caricature à des personnages dans la bouche desquels on met des phrases du genre : « Je veux la vérité, rien que la vérité. Tu m’entends ? Rien que la vérité ! ». Sans compter cette manie désespérante qu’a Franck Mancuso de filmer en plongée le visage assombri de son héros. O finesse ! Quand tu nous tiens… Heureusement pour nous, le face à face final entre les deux acteurs est un très beau moment, et sauve du même coup Contre-enquête de l’oubli immédiat. Mais pour combien de temps ? Pas assez pour un César. Courage Jean, 99 francs est pour bientôt.
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Publié
le 09/03/2007 par Sabine Garcia
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| Verdict |
Film blafard et sans émotions, Contre-enquête n’a pour lui que l’interprétation de grande qualité de ses acteurs principaux, dans un film qui ne les mérite pas. |
5/10
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