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Critique : Azul |
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Récompensé par 3 Goya en Espagne, Azul démontre qu’il y a une relève après Almodovar dans le cinéma ibérique.
Pour monter des histoires justes et touchantes de personnages aux parcours plus ou moins tumultueux, on connaissait le grand maître en la matière en Espagne, à savoir Pedro Almodovar, qui a encore emballé les foules l’an dernier avec Volver.
Et bien voilà qu’avec son premier film, Daniel Sánchez Arévalo se met directement dans ses traces et démontre qu’il y a une jeune génération de réalisateurs ibériques prêts à monter au créneau. Le film a obtenu 3 Goya, l’équivalent des César en Espagne, un du meilleur second rôle pour Antonio de la Torre, un du meilleur espoir masculin pour Quim Gutiérrez et le dernier pour la meilleure mise en scène originale. Trois récompenses amplement méritées après la vision du film où, effectivement, ce sont les deux frères qui en imposent le plus à l’écran.
Antonio de la Torre, déjà très bon malgré son court rôle de mari de Penelope Cruz dans Volver, est ici parfait dans le rôle de cet homme emprisonné, doux-dur impuissant qui est obligé de demander à son frère, Jorge, de mettre enceinte sa petite amie. Jorge est donc incarné par Quim Gutiérrez, qui livre une superbe prestation car le personnage est au centre d’une situation complexe, tiraillé entre les sentiments pour son amour d’enfance et la romance improbable qui naît entre lui et la petite amie de son frère, mais aussi sa situation professionnelle subie et l'obligation de s’occuper de son père, déficient mental. Un film donc fait d’une multitude d’intrigues puisqu’il est également question du meilleur ami de Jorge, qui s’interroge sur sa sexualité après avoir vu son père dans des situations compromettantes.
Face à la complexité narrative de l’œuvre, beaucoup de réalisateurs auraient pu s’emmêler les pinceaux et sortir la grosse caricature, mais ce n’est pas le cas ici. Même si le film n’a peut-être pas au final tout l’impact émotionnel qu’il aurait pu avoir, le metteur en scène sait parfaitement rythmer son métrage, en gérant magnifiquement les sentiments, sachant allier de belles touches d’humour et des scènes dramatiques réellement poignantes, mais est également bien soutenu par une interprétation globalement brillante. À travers les choix de Jorge, le film sonne comme un bel hymne à la vie avec ses joies et ses peines, mais aussi le désir de la prendre en main en cherchant l’épanouissement et la tranquillité plutôt que la violence, comme le montre la posture de cette femme incarcérée qui choisit de tomber enceinte afin d’aller dans la maternité et d’échapper aux souffrances de la prison.
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Publié
le 06/03/2007 par Cyril Perraudat
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| Verdict |
Le cinéma espagnol peut compter sur ses jeunes réalisateurs, et notamment Daniel Sánchez Arévalo, qui signe un premier film plutôt bien maîtrisé et porté par une belle interprétation. |
7/10
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