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Critique : Je crois que je l'aime |
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Pierre Jolivet s’essaye avec un succès relatif à la comédie romantique. Ca vaut le coup d’essayer …
Lucas (Vincent Lindon), riche industriel, rencontre Elsa (Sandrine Bonnaire), embauchée pour composer une fresque en céramique dans le hall de l’immeuble de son entreprise. Séduit par l’artiste mais plus habile pour conclure des accords avec un groupe chinois que pour mener sa vie amoureuse et échaudé par une ancienne histoire d’amour malheureuse, Lucas décide de faire appel à Roland (François Berléand), son chef de la sécurité, pour contrôler la jeune femme : il compte s’assurer qu’elle n’a rien qui cloche ; pourquoi est-elle célibataire si elle est si jolie ? Pourquoi n’a-t-elle pas d’enfants ? Et si elle se droguait ? Et Roland, adepte des solutions radicales et amoureux des gadgets en tous genres, prend son rôle très au sérieux …
Pierre Jolivet a fait de bons films (Ma Petite entreprise) et de mauvais (Le Frère du guerrier) ; Je crois que je l’aime fait à première vue partie des premiers, et le réalisateur semble avoir bien réussi l’épreuve délicate de la comédie romantique. Le scénario est honorable, le rythme soutenu, et le film parvient à trouver sa place entre les « rom-coms » (romantic comedies) américaines balisées de clichés et de situations convenues, et les comédies françaises qui, se voulant drôles, frisent le scatologique (pensez à Prête-moi ta main). Bien sûr, aucune surprise dans les divers rebondissements, mais le spectateur peut facilement se laisser charmer par les dialogues pétillants, l’ambiance fraiche et touchante et l’humour bon enfant. Ici, pas de crise de la société, pas de combat à mener si ce n’est celui de l’amour : Pierre Jolivet laisse de côté ses thèmes habituels et fait dans le pur divertissement tout en nous parlant de la peur de s’engager, et ça marche plutôt bien. Un gros regret cependant : il aurait été bien plus intéressant de gonfler le personnage de François Berléand, et pas uniquement parce que c’est un excellent acteur : l’aspect « espionnage » du film est son meilleur atout, c’est lui qui porte la plus grande partie du comique, mais le scénario le délaisse un peu, pour n’en faire qu’une histoire secondaire presque parallèle au lieu de l’associer totalement à la trame amoureuse.
Le casting est de qualité : le trio principal est impeccable, et Sandrine Bonnaire a le sourire qu’il faut pour les comédies romantiques, mais c’est malheureusement au niveau des seconds rôles que le film pêche un peu, au point de tirer quelques passages vers le téléfilm. Et, étrangement, même si Vincent Lindon et Sandrine Bonnaire sont tous deux bons de leur côté, ensemble on a un peu de mal à croire à leur histoire, d’autant plus que le coup de l’artiste et du chef d’entreprise est quelque peu téléphoné. Le secret pour aimer ce film est en fait d’y aller franchement, sans honte : en se laissant aller, on oublie les petits défauts et on peut passer un moment agréable.
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Publié
le 27/02/2007 par Marie-Ambre Devanlay
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| Verdict |
Je crois que je l’aime est une comédie romantique loin d’être parfaite mais plus qu’honnête. Ne boudons pas notre plaisir, et acceptons le film pour ce qu’il est : une façon rafraichissante de passer le temps. |
5/10
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