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Critique : Scorpion |
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Scorpion propose une immersion dans le monde du free-fight, milieu âpre où tous les coups, même les plus bas, sont permis.
En France le free-fight est une discipline interdite, mais qui existe dans l’ombre.Dans d’autres pays comme au Japon, ce type de combats suscite une vraie passion voire, pour certains, une vraie religion. Le producteur Cédric Jimenez et son metteur en scène Julien Seri (à qui l’on doit la catastrophe Les fils du vent) nous emmènent au cœur de ces affrontements sans foi ni loi à travers le portrait d’Angelo. Ce dernier ne vit que pour la boxe Thaï. Ecarté injustement des championnats, il tue accidentellement le challenger dans un combat de rue. A sa sortie de prison après avoir purgé une peine de 6 ans, c'est une épave. Mais par amour, il va changer, devenir un autre, une machine à cogner, à prendre des coups, à combattre. Il va devenir SCORPION. C’est le prix à payer pour gagner les combats clandestins de Free Fight.
Se positionnant clairement dans le cinéma de genre français, Scorpion n’est pas dénué de défauts mais surprend agréablement par sa noirceur et son réalisme. Axé sur le free-fight qui allie toutes les techniques de combat extrême, le film de Julien Seri montre réellement toute la brutalité de ces manos à manos clandestins, en effet ici pas pas de demies mesures dans les coups portés, ça frappe, ça cogne, ça saigne. L’intensité dégagée par ces combats est telle que le spectateur est littéralement happé par la déferlante de coups échangés et se retrouve projeté en plein milieu de l’arène. Au niveau des scènes d’action, Scorpion est une réussite, même si le dénouement de l’ultime affrontement pourra décontenancer les adeptes du genre. Pour le reste le film a tout de même quelques défauts.
Le premier reproche que l’on peut faire au métrage concerne son scénario qui n’approfondit pas assez la psychologie de ses personnages, notamment celui d’Angelo qui avait pourtant un beau potentiel, cette superficialité enferme le tout dans une série de clichés dont les acteurs auront bien du mal à sortir. Les histoires d’amour du film, car oui le héros doit choisir entre deux femmes, sont traitées de manière simpliste qui ne leur permettent, réellement, d’acquérir une valeur émotionnelle crédible. L’intrigue du film n’a rien de bien originale non plus, néanmoins le mélange des genres, enquête policière et film d’arts martiaux, fonctionne assez bien pour éviter de s’ennuyer, et en parvenant à cela Scorpion a déjà bien rempli sa mission. Julien Seri a de son côté retenu quelques leçons depuis sa collaboration avec les Yamakasi pour les Fils du vent, sa mise en scène a gagné en maturité, ce qui permet au film de ne pas être plombé par des effets clipesques ou autres figures de styles expérimentales. Par ailleurs, l’utilisation de caméra DV durant les scènes d’action en plus des caméras traditionnelles, apporte un aspect documentaire qui confère encore un peu plus de réalisme à ces pugilats de l’extrême.
Du côté des interprètes, comme nous le disions auparavant, les rôles étant très caricaturaux, il est difficile pour eux de tirer réellement leur épingle du jeu. Les comédiens ne sont pourtant pas mauvais, à commencer par Clovis Cornillac qui sans faire d’étincelles est convaincant en boxeur taigneux. Francis Renaud est encore celui qui s’en sort le mieux dans le rôle de l’organisateur de combat crapuleux, l’acteur lui confère une fourberie et une noirceur qui en font un des personnages les plus intéressants du film. D’autres comme Karole Rocher et Olivier Marchal semblent plus à la peine et ne semble pas croire à ce qu’ils font, surtout le second qui est très loin de représenter par son jeu le dangereux parrain de la pègre parisienne qu’il est censé être. Enfin, on notera que la présence de Jérôme LeBanner a été parfaitement utilisée en tant qu’ultime adversaire du Scorpion. Dans le combat final, ce dernier est littéralement impressionnant de puissance physique et l’on souffre à chaque coup que reçoit de sa part Clovis Cornillac.
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Publié
le 27/02/2007 par Christopher Wack
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| Verdict |
Scorpion a des défauts et n’échappe pas aux clichés, mais on retiendra surtout la maîtrise des scènes de combat, et une intrigue prenante à défaut d’être originale, qui évitera au spectateur de s’ennuyer. |
6/10
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