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Critique : Ghost Rider |
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Avec sa veste en cuir et sa grosse cylindrée, Nicolas Cage enflamme les routes pour traquer les âmes en perdition. C’est le rider, le ghost rider.
La frénésie de l’adaptation des comic books américains continue. Malgré des fortunes diverses, le phénomène n’est pas près de s’estomper, et cette semaine c’est au tour du super héros Ghost Rider de sortir dans les salles françaises. Moins connu que les Superman, Batman et autre Spiderman ou X-Men, Ghost Rider suit les aventures de Johnny Blaze, motard et cascadeur, qui, pour sauver ceux qu'il aime, accepte de vendre son âme au diable. Il devient alors le Ghost Rider, mi-homme mi-démon, vengeur démoniaque, qui entreprend de lutter contre le fils du diable lorsque celui-ci menace l’amour d’enfance de Johnny.
Après quelques minutes, le constat est déjà peu flatteur pour Ghost Rider. Mis en scène et écrit par Mark Steven Johnson, qui est également à l’origine de la médiocre adaptation de Daredevil, on s’aperçoit vite qu’il ne fera pas mieux que son précédent film en terme de qualité tant les défauts de celui-ci se répercutent à nouveau dans Ghost Rider. La noirceur évidente du personnage est largement sous exploitée dans le film, pourtant à l’origine le scénario se voulait résolument sombre, mais Mark Steven Johnson en a décidé autrement, réécrivant le texte afin de toucher un public le plus large possible. Bien mal lui en a pris, car le décalage est constant entre ce que représente vraiment l’icône du rider que l’on peut assimiler au mythe de Faust et ce qui nous est montré dans le film à savoir un personnage bien gentillet loin d’être hanté par les démons de l’enfer. D’ailleurs le réalisateur semble s’être reposé sur les effets spéciaux pour montrer la noirceur du personnage lorsque son crâne s’enflamme et laisse place à l’être des ténèbres, mais on a déjà vu mieux en terme de morphing effrayant.
Néanmoins, Ghost Rider est bourré de scènes d’actions qui satisfairont les amateurs de cascades musclées sur fond de bande sonore tonitruante. Cela se fait peut être au détriment de l’émotion et des sentiments, mais lorsqu’on voit comment sont traitées ces scènes dans le film on se dit qu’il vaut mieux qu’il en soit ainsi car les moments d’actions sont bien plus convaincants. Le seul défaut qu’on pourrait leur trouver, c’est que le réalisateur a supprimé toute effusion de sang qui pourrait résulter de ces combats, tout ceci afin, une nouvelle fois, que toutes les tranches d’âge du public puissent accéder au film. Concernant les effets spéciaux qui constituent une part importante du film, le résultat est également loin de faire l’unanimité : en effet les plans entièrement recomposés par ordinateurs sont de bonne qualité (notamment les courses nocturnes du rider), mais le rendu est beaucoup moins réussi lorsque les effets spéciaux sont mêlés aux prises de vues réelles. La mise en scène de Johnson n’est pas des plus transcendantes mais n’accentue pas les défauts déjà bien présents du métrage. Elle n’échappe néanmoins pas aux clichés du genre hollywoodiens.
Ghost Rider bénéficie tout de même de la présence de Nicolas Cage, qui nous a habitué à mieux voire beaucoup mieux (Leaving Las Vegas, Sailor et Lula …), mais qui ne démérite pas dans le rôle du squelette flamboyant. Eva Mendes pourra quant à elle rejoindre avec Kate Bosworth (Superman Returns) et Katie Holmes (Batman Begins) le club des copines de super-héros inutiles. En effet son personnage reste très caricatural et la belle ne fait pas grand chose pour y remédier. Les méchants de l’histoire ont du mal à s’affirmer en tant que tels, à commencer par Wes Bentley alias le fils du Diable, qui manque cruellement de charisme. Peter Fonda s’en sort mieux, même si on déjà eu droit à des diables plus convaincants et surtout plus terrifiants dans d’autres productions made in Hollywood.
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Publié
le 23/02/2007 par Christopher Wack
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| Verdict |
Ghost Rider enflamme l’écran lors des scènes musclées, mais sombre aux enfers lorsqu’il s’agit de nous montrer autre chose. A force d’avoir voulu séduire le public le plus large possible, le réalisateur s’est égaré et nous livre une adaptation ratée. |
4/10
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