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Critique : Odette Toulemonde |
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L’auteur Eric-Emmanuel Schmitt passe à la réalisation avec un scénario original, Odette Toulemonde, jouée par Catherine Frot.
L’auteur de pièces de théâtre Eric-Emmanuel Schmitt a connu plusieurs adaptations sur grand écran, notamment Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran en 2003. Il décide cette fois de signer lui-même un film dans son univers mais à partir d’un scénario original. Il crée pour l’occasion le personnage d’Odette Toulemonde, une mère de famille belge. Alors que son fils passe de copain en copain, sa fille amène depuis deux ans chez elle le beauf qui lui sert de copain. Rien ne la destine à être particulièrement heureuse, notamment depuis la mort de son mari Antoine. Pourtant, elle respire la joie de vivre grâce à ses deux passions, Joséphine Baker et surtout l’écrivain Balthasar Balsan qu’elle peut enfin rencontrer lors d’une dédicace. L’auteur est lui totalement déprimé après l’attaque d’un critique de la télévision qui l’accuse d’écrire pour un public de secrétaires et de coiffeuses. Eric-Emmanuel Schmitt, seul au scénario, a le mérite de faire commencer sa comédie romantique directement, sans s’appesantir sur d’interminables présentations.
Sans prétention, le réalisateur impose dans la comédie romantique un univers à part où, par exemple, son héroïne s’envole lorsqu’elle est trop contente. Certains pourront être rebutés par l’accumulation de clichés et d’éléments kitch qu’amasse Schmitt mais le tout est fait avec tant de cohérences et de sincérité qu’on ne peut réellement le lui reprocher. Il accumule les bonnes idées décalées en se faisant plaisir et en ne se souciant pas d’autre chose, donnant notamment le running gag le plus improbable de ces dernières années. L’aspect comédie romantique du film reste assez convenu mais rentre lui aussi dans l’univers d’Odette Toulemonde. Si cette ambiance irréaliste est alléchante sur le papier, encore fallait-il la retranscrire de manière cohérente et efficace sur grand écran. Pour cela, Eric-Emmanuel Schmitt s’entoure de deux grands acteurs pour incarner ses personnages. Le duo formé par Catherine Frot et Albert Dupontel marche parfaitement. L’actrice se lâche grâce à ce personnage gentiment loufoque et remplit de bonne humeur. On retrouve avec bonheur le réalisateur d’Enfermés dehors qui campe avec talent un écrivain dépressif.
Pour quelqu’un issu d’un milieu plutôt littéraire, on a vu plus maladroit qu’Eric-Emmanuel Schmitt avec une caméra. Il semble avoir pensé tout son scénar à partir des images qu’il pourrait créer. Il agrémente ainsi son récit de quelques bonnes idées de réalisation, tel un faux plan séquence en plongée totale qui se balade à travers toute une maison. On remarquera tout particulièrement les passages en comédie musicale qui renvoie aux oubliettes le navrant On va s’aimer d’Ivan Calbérac. Cette fois, ces passages, même si ils ne sont les pièces maîtresses du film, sont nettement mieux réalisés, montés avec dynamisme et joués avec envie. Sur le plan général, le rythme lent du film est compensé par un scénario et un montage qui se tiennent bien et qui ne donnent jamais l’impression de ramer. La réalisation de cet homme de lettre nous fait donc entrer facilement dans son univers et adhérer à cette comédie romantique.
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Publié
le 11/02/2007 par Yannick Gallepie
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| Verdict |
Une comédie romantique volontairement kitch et bourrée de clichés, portée par ses deux acteurs principaux et par une réalisation pleine d’idées. |
7/10
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