Ben Stiller trouve un emploi de gardien de nuit dans un muséum d’histoire naturelle. Pas de bol : le T-Rex est vivant.
Il y eut
Jim Carrey, c’est maintenant
Ben Stiller qui peut prétendre au titre d’homme le plus hilarant de la planète. C’était donc comme d’habitude avec bonheur que l’on s’apprêtait à le retrouver dans
La Nuit au musée. D’autant plus que le film partait d’un pitch terriblement alléchant (les « occupants » d’un musée reprennent vie à la tombée de la nuit), qui rappelle l’un des hauts sommets du film d’aventures pour enfants des dix dernières années :
Jumanji, impression confirmée par la présence de
Robin Williams au casting. Rajoutez à cela la perspective de voir le tout passer à la moulinette ravageuse de l’humour Frat Pack (
Owen Wilson est de la partie), et avouez qu'on frôlait l’orgasme. Et bien ça ne sera pas pour cette fois.
La Nuit au musée souffre tout d’abord d’une très mauvaise exploitation de son concept génial. La faute en incombe en premier lieu à un scénario extrêmement mal équilibré. Les scénaristes Ben Grant et
Thomas Lennon (
Baby-sittor et
New York taxi... en même temps on était prévenu...) se sont manifestement trop laissé emporter par l’étiquette de « film familial », qui n’est pas sensé signifier « débilisant ». Ils insistent tellement sur les scènes sentimentales, appuyées par ailleurs par une musique dégoulinante de la part de
Alan Silvestri (
Van Helsing), qu’ils en oublient le divertissement. La première scène de nuit au musée n’intervient ainsi qu’au bout de trois bons quarts d’heure, et la véritable action… au bout de plus d’une heure de film ! Comble absolu : les occupants du musée sont peu nombreux, et là encore très peu mis en valeur. Quant à la momie, clé de l’affaire, elle n’apparaît que vers la fin sous les traits d’un jeune bellâtre imberbe et bronzé sorti des pages du catalogue de La Redoute. On croit rêver.
D’autre part, la mise en scène balourde (il n’y a pas d’autre mot) de
Shawn Levy handicape profondément l’ensemble. Le réalisateur est tout bonnement incapable de donner du rythme à son film, et surtout, erreur impardonnable, il ne sait pas exploiter son acteur principal. C’est bien simple : on a tout bonnement l’impression que sa prestation est reléguée au second plan (!). Belle preuve du manque de compétences de
Shawn Levy. La géniale folie de
Ben Stiller s’accorde bien mal à un cadre si étriqué, et l’on se sent frustré de ne jamais assister à un coup d’éclat que l’on se devait d’attendre. D’autant plus que les seconds rôles sont également sacrifiés, et s’apparentent bien plus à des apparitions de
guests de luxe (on ne voit effectivement pas bien l’intérêt du cow boy
Clive Owen et du général romain
Steve Coogan), à l’instar de
Mickey Rooney, pourtant adorable dans son rôle de papy à la langue bien pendue. Quant à
Robin Williams, son personnage de grand maître sage est si caricatural qu’il en devient fatalement ennuyeux.
C’est donc à une idée jouissive horriblement gâchée à laquelle nous avons affaire. Heureusement, c’est tout de même
Ben Stiller qui se tient devant la caméra, et le rire est donc logiquement au rendez-vous. Mais pas autant qu’on l’aurait souhaité. En sortant de la salle, on n’a qu’une envie : revoir
Zoolander. Gâché par un cinéaste impotent et un script imbécile, La Nuit au musée ne doit sa semi-réussite qu’à Ben Stiller et son talent. Un bien pauvre écrin pour un acteur aussi précieux.