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Critique : Blood Diamond |
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Film polémique sur l’industrie diamantaire en Afrique, nommé 5 fois aux prochains Oscars, Blood Diamond envoie Leonardo DiCaprio en territoire hostile, à la quête d’un diamant qui suscite bien des convoitises.
Sierra Leone, 1999. La guerre civile ravage le territoire, les massacres de paysans perpétrés par les rebelles qui contrôlent les mines de diamants provoquent une douloureuse diaspora. Dans ce contexte chaotique, deux hommes que rien ne rapproche vont devoir s’associer pour survivre. Salomon Vandy, modeste pêcheur, a été arraché à sa famille le jour où les rebelles l'ont capturé afin d'en faire un esclave prospecteur. Parallèlement, le mercenaire blanc Danny Archer, qui vend des armes aux insurgés en échange de diamants, vient d'être démasqué à la frontière. Leurs destins vont être soudés par l'existence d'un diamant brut exceptionnel que le premier a caché et que le second veut lui ravir. La recherche de la pierre précieuse va les mener dans une quête de tous les dangers, dans la zone contrôlée par les rebelles. Archer devra aussi composer avec une journaliste américaine désireuse de démontrer la responsabilité des diamantaires occidentaux dans la crise géopolitique qui secoue la région.
Catalogué dans le registre Edutainment dont les fers de lance sont des films comme Lord of war , The Constant Gardener ou encore Les Larmes du soleil, Blood Diamond explore un domaine encore peu montré, le trafic de diamants permettant de financer les armes de milices africaines, mais également l’enrôlement d’enfants soldats dans les effectifs de ces escadrons de la mort. Même si le long-métrage veut mettre en accusation les excès qu’engendre cette industrie, il reste tout d’abord un grand film d’action-aventure. Le scénario parvenant en effet à doser habilement les fusillades, poursuites, et autres explosions, avec les moments plus intimistes. On notera tout de même au sujet du script un étirement de l’intrigue lors du dénouement qui aurait pu subir quelques coupes au montage.
La dénonciation passe tout d’abord par l’image, Blood Diamond nous plonge réellement dans le chaos qui régnait en Sierra Leone en 1999. En effet Edward Zwick n’a pas choisi la demi-mesure, il montre la violence d’une manière ultra réaliste, caméra à l’épaule au plus près des protagonistes dont la souffrance ne peut laisser indifférente. Cette approche plonge le spectateur dans un sentiment d’impuissance face à ce déchaînement d’exactions et de fatalités. La mise en scène de manière générale est d’ailleurs de premier ordre, atteignant toute son efficacité lors des scènes d’action pour lesquelles le réalisateur a un savoir faire indéniable, mention spéciale à la bataille finale qui est simplement dantesque. Soulignons aussi la magnifique bande originale signée James Newton Howard qui, de par ses mélodies, parvient à donner une véritable empreinte émotionnelle au film.
La politique libérale des Etats-Unis est également remise en cause. En effet ce n’est pas dans Blood Diamond que vous trouverez un quelconque patriotisme envers le pays de l’oncle Sam, les fameux diamantaires américains y ont d’ailleurs le mauvais rôle et ce à juste titre, puisque coupables d’engranger des fortunes, alors qu’ils savent que les diamants brut africains qu’ils achètent financent des guerres civiles dans les pays dont ils proviennent. C’est là que le personnage de Jennifer Connely prend toute son importance, puisque la journaliste qu’elle incarne tente justement de faire éclater au grand jour cette réalité. Son personnage quoique plus en retrait que ceux de Archer et Salomon, bénéficie tout de même de la présence et du regard magnétique de la sublime, mais trop rare, Jennifer Connely.
Concernant les deux autres têtes d’affiches du film, leur prestation est une des forces majeures du film. Djimon Hounsou atteint une intensité rare dans l’interprétation d’un homme séparé de ce qui l’aime le plus au monde, sa famille. En gardant le meilleur pour la fin, Leonardo DiCaprio, qui nous avait bluffés dans Les Infiltrés, montre que son talent est loin d’avoir été exploité. Il livre dans Blood Diamond une composition des plus impressionnantes, prenant pour l’occasion un accent rhodésien qu’est censé avoir son personnage, pour gagner en crédibilité. Dans le rôle le plus musclé de sa carrière, celui d’un sombre mercenaire prêt à tout pour retrouver le diamant qui lui permettra de changer sa vie, il montre qu’il fait définitivement parti des grands acteurs de ce monde.
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Publié
le 01/02/2007 par Christopher Wack
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| Verdict |
Dénonciateur sans sombrer dans l’excès, Blood Diamond, grâce à une mise en scène de haut vol, est mené tambour battant, ne laissant aucun répit à un Leonardo DiCaprio au sommet de son art. Indéniablement du très grand spectacle. |
9/10
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