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Critique : Pars vite et reviens tard |
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Régis Wargnier réactualise une peur que l’on croyait oubliée en faisant courir la menace d’une épidémie de peste sur Paris. José Garcia veille au grain.
A l’heure où le cinéma français commence à peine à comprendre qu’il ne sert à rien de copier en vain le cinéma américain, quelques dignes auteurs relèvent le niveau en assumant des œuvres personnelles et bel et bien européennes. Après Frédéric Schoendoerffer et son très bon Truands, c’est l’inattendu Régis Wargnier qui nous offre à son tour un polar très réussi, quoi que totalement différent.
A l’origine de Pars vite et reviens tard, il y a évidemment ce best-seller de Fred Vargas, éminence respectée et incontestée du monde du polar. A tel point que le simple choix de l’acteur qui aurait à incarner le commissaire Jean-Baptiste Adamsberg relevait du défi. Que l’on se rassure : José Garcia est tout simplement parfait. Hagard, effondré, perdu, le comédien porte de toute la puissance de ses larges épaules un film qui doit en grande partie sa réussite à la qualité de ses interprètes. Tous sont pour ainsi dire parfaits, du vénérable Michel Serrault au toujours impeccable Olivier Gourmet, décidément à l’aise partout, et que l’on n’attendait pas vraiment dans ce rôle de loubard en blouson de cuir. Il est tout simplement épatant. Mais la vraie découverte du film est bel et bien le jeune Nicolas Cazalé, dont le jeu intense et le regard sombre sonnent comme une véritable révélation. L’acteur se montre impressionnant dans un rôle pas si facile que cela. Dommage cependant que la grandeur du casting soit entachée par une contre-performance étonnante d’une Marie Gillain qui nous avait habitué à bien mieux que cela. Outrancière et totalement hors-sujet, sa pauvre prestation a de plus le malheur de se voir constamment jauger par rapport à celle de Nicolas Cazalé, qui est son partenaire principal. La différence est flagrante.
Pas attendu dans ce registre, Régis Wargnier accomplit un travail plus qu’honorable. Abandonnant ses paysages exotiques et ses ambiances douces, le réalisateur filme Paris comme un cauchemar nauséeux, et effectue ainsi un fort beau passage dans le monde urbain. Dommage pourtant que l’intrigue perde un peu de sa force après que la peur viscérale mise en place en tout début de film soit considérablement réduite après de simples résultats d’analyses de laboratoire. En écartant si radicalement la meilleure bonne idée du livre, Régis Wargnier a pris un risque peu payant qui aura de lourdes conséquences sur le suspense lié à la résolution de l’énigme. Tant pis.
Reste un polar très prenant sinon haletant, qui fait le choix courageux de privilégier le développement de ses personnages à l’action. Ainsi, le cinéaste a dessiné un superbe rôle de femme à Linh Dan Pham. Physiquement peu présente (peut-être 10 minutes de présence à l’écran en tout et pour tout) la jeune femme incarne Camille, l’ombre de bonheur passé et probablement irrattrapable hantant le commissaire. Tout à la fois symbole et muse, Camille est un rôle court mais superbe, l’un des plus beaux cadeaux que Wargnier aurait pu faire à la perle qu’il avait découverte en 1992 avec Indochine.
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Publié
le 30/01/2007 par Sabine Garcia
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| Verdict |
Porté par un casting puissant et investi, Pars vite et reviens tard est une belle performance à accrocher au palmarès de Régis Wargnier. Peut-être que le décor urbain convient finalement mieux à ce cinéaste aux idées d’ailleurs parfois trop ampoulées. |
8/10
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