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Critique : Cashback |
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Et vous, que feriez-vous si vous pouviez figer le temps ? Réponse poétique et sensible de Sean Ellis dans Cashback, une première œuvre prometteuse.
L’Angleterre se réveille, et le moins que l’on puisse dire c’est que ça fait plaisir ! Un mois après le superbe Red Road de Andrea Arnold, c’est un petit nouveau nommé Sean Elllis qui nous offre à son tour sa première œuvre : une véritable petite bulle de légèreté rafraîchissante et poétique.
Cashback est réjouissant à plus d’un titre, et surtout pour une simple raison : il fait preuve d’originalité. Vous savez, cette notion qui semble de plus en plus absente de tout ce qui peut se tourner, s’écrire ou même se penser dans le monde du cinéma, de Hollywood jusqu’au fin fond de l’Ouzbékistan. Et de l’originalité, Sean Ellis en a à revendre. Car non content d’avoir imaginé un très beau scénario, notre homme sait véritablement donner une âme à ses images, ou devrait-on dire, à ses rêves. Cashback, c’est en effet l’histoire de Ben (Sean Biggerstaff, un air de Hayden Christensen mais avec le talent en plus), un jeune artiste fasciné par la beauté des femmes. De toutes les femmes. Et l’on ne parle pas ici d’une pure attirance sexuelle. Ben aime le corps des femmes car il représente à ses yeux la beauté ultime, l’inspiration suprême que la magique évanescence rend plus précieuse encore. L’intelligence de Cashback réside dans cet équilibre délicat et constant entre le voyeurisme et l’adoration religieuse. D’où l’idée géniale du temps qui se fige.
Lorsque Ben déshabille ces femmes statufiées, son geste n’a jamais rien de déplacé ou d’irrespectueux. Il fait de ces sculpture sacrées le centre d’une œuvre et, en les prenant pour modèles, décuple, magnifie, intensifie leur beauté, tout en rendant chacune d’elles unique. Ainsi, si les femmes nues se rencontrent par dizaines, aucune d’elle n’est jamais un objet, mais une sainte. On mesure alors toute la délicatesse et la subtilité de ce jeune auteur à pouvoir traiter ce sujet casse-gueule l’air de rien, sans effets superflus, et sans le charabia pseudo-métaphysique que d’aucun auraient été tentés de lui attribuer.
Cashback n’échappe évidemment pas à quelques travers plus que pardonnables. Une bande-originale pas toujours fine, quelques personnages secondaires peu travaillés ou encore une fin un peu facile. Mais la poésie touchante de l’ensemble et des acteurs attachants et sensibles (un Sean Biggerstaff émouvant, une Emilia Fox surprenante…) effacent bien vite les quelques maladresses de l’ensemble. Un très beau coup d’essai.
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Publié
le 21/01/2007 par Sabine Garcia
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| Verdict |
A la traditionnelle noirceur des films d’auteur britanniques, Sean Ellis répond par la légèreté d’un fragment de rêve volé à son héros. On aimerait à notre tour pouvoir figer le temps pour mieux apprécier son Cashback. |
7/10
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