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Critique : Apocalypto |
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Apocalypto est ce qu’on pourrait appeler une bizarrerie hollywoodienne. Le dernier film de Mel Gibson est un rejeton maudit qui démarre sa vie du mauvais pied : des antécédents familiaux craignos, un père alcoolique qui enchaîne les scandales et les excuses publiques, etc...
Il est difficile de s’atteler à Apocalypto l’esprit tranquille, et c’est pourtant la meilleure façon d’apprécier ce film qui en fin de compte ne méritait pas tout ce vacarme. Apocalypto est un divertissement formidable, loin d’être parfait il est vrai, mais impressionnant et singulier. Quand il ne s’égare pas dans des portraits ethnologiques un peu kitsch, très national geographic attitude, Mel Gibson relève le pari de redonner sang et chair à une civilisation disparue. La reconstitution de l’empire maya est stupéfiante. Écrasante, même. Le dépaysement est garanti : on nage parfois en pleine héroïc fantasy. On n’a pas souvent l’occasion de dire ça d’un film, alors disons le franchement : le point fort d’Apocalypto, ce sont ses maquillages. Il faut le voir pour le croire ! En revanche, le film de Mel Gibson pâti d’un scénario ultra simpliste, tranché comme un jambon en trois parties distinctes. Un flagrant délit de paresse qui fait tâche au milieu d’un travail formellement irréprochable...
Heureusement, grâce à ce récit ultra linéaire et son rythme soutenu, Apocalypto s’étend sur plus de deux heures mais semble en durer une de moins. Mel Gibson privilégie le spectaculaire et le plaisir des sens à un discours mystique délirant, ce qui est plutôt rassurant. Et c’est bien le plus surprenant dans Apocalypto, cette façon complètement désinvolte qu’à Mel Gibson d’aller droit au but, de se jeter tête la première dans son récit sans s’encombrer d’une parabole sur la Grande Histoire et la Destinée d’un peuple. La chute de l’empire maya est ramenée au second plan : seul compte le héros, Patte de Jaguar, son périple et sa course contre le temps. L’apocalypse du titre n’est qu’une toile de fond, le prétexte à une plongée dans un somptueux cauchemar. La traversée de la cité maya est à ce titre un spectacle absolument fabuleux, empreint de cruauté, d’humour noir et d’une richesse visuelle à s’en arracher les paupières de bonheur. On pense beaucoup au cinéma d’aventures des années 80, Le Temple Maudit bien sûr, mais aussi l’oeuvre de John Mc Tiernan, notamment dans une effroyable course-poursuite de plus d’une demi-heure, un pillage prodigieux et totalement assumé de Predator. On notera également la performance d’un Rudee YoungBlood débordant d’énergie, épatant dans le rôle de Patte de Jaguar.
L’exotisme macabre propre aux civilisations précolombiennes est exploité à merveille. Apocalypto est un show étonemment lugubre, étrange et décalé, à contre-courant du divertissement traditionnel. La lente montée en puissance depuis la jungle jusqu’au sommet du temple restera à coup sur dans les mémoires. On connaissait l’intérêt que portait Mel Gibson pour les barbaries en tout genre… C’est donc sans surprises qu’il soumet une fois de plus les corps de ses personnages à d’éprouvants sévices. Les âmes sensibles vivront un véritable cauchemar face à ce festin sanglant, dont on ne peut nier la valeur éducative : on apprend ainsi qu’un individu reste parfaitement conscient lorsqu’on lui arrache le cœur… Excitant, n’est ce pas ? Apocalypto ravira donc à coup sur les amateurs de gore mais aussi et surtout les amateurs d’action, qui trouveront dans la dernière partie du film un idéal du cinéma d’aventure à l’ancienne. De l’action et de l’effroi, mais aussi un tableau stupéfiant : celui d’une société en décrépitude, manipulée par une caste de rois-prêtres. D’après Mel Gibson, il y aurait un peu de Georges Bush et de ses serviteurs dans Apocalypto... Et bien ! On n’en demandait pas tant !
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Publié
le 14/01/2007 par Marguerin Le Louvier
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| Verdict |
A condition de fermer les yeux sur les frasques de Mel Gibson et sur une absence édifiante de scénario, Apocalypto garanti de passer un excellent moment de cinéma. Un divertissement macabre et excessif, rappelant les grands films d’aventures des années 80. |
7/10
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