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Critique : Bad Times |
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Le scénariste David Ayer signe son premier long métrage avec Bad times, un road movie avec Christian Bale.
Scénariste très lié à la ville de Los Angeles, David Ayer passe pour la première fois à la réalisation avec la production indépendante Bad times. Après des œuvres aussi diverses que Fast and Furious, S.W.A.T. unité d'élite ou Training Day, il passe cette fois au road movie urbain puisque les deux protagonistes du film ne quitteront presque jamais la ville californienne. Il suit deux amis, Jim et Mike. Le premier est un vétéran de la Guerre du Golfe, au chômage et ayant promis le mariage à sa fiancée mexicaine dès que la police de Los Angeles lui aura donné le poste promis. Le second est aussi sans emploi. Marié à une avocate qui lui met la pression, il est censé passer ses journées à déposer des CV pour retrouver un emploi dans l’informatique. Mais ses journées se résument le plus souvent à rouler de trips en galères avec Jim dans les rues de Los Angeles.
On est d’abord désarçonné par ce road movie où les voyageurs ne s’écartent pas de plus de quelques kilomètres de chez eux. David Ayer s’amuse à saisir toute la futilité de l’existence de ses deux adultes ayant un peu de mal à s’assumer, qui enchainent les bières en concoctant les pires coups. On s’attache à ces deux personnages grâce à leurs jeux et les mauvais coups qui leur tombent dessus. Le scénariste s’appuie sur cette apparente futilité pour construire une chronique sociale des bas quartiers de Los Angeles. Ces personnages ne sont pas les galériens qu’on est habitué à voir dans ce genre de situation. On y retrouve des chômeurs dans l’informatique ou autre qui se sont retrouvés sans emploi à cause des délocalisations et qui sont maintenant entretenus par leur femme, à qui ils ont permis de faire des études. Une pléiade de personnages différents se bouscule dont ce Jim, traumatisé par la Guerre du Golfe, qui permet de montrer comment sont traités les vétérans. A partir du quotidien insignifiant, Ayer arrive donc à construire une réflexion intéressante passant en revue de nombreux thèmes de société.
Il double cette réflexion par un récit intimiste particulièrement efficace. En effet, la relation d’amitié entre Jim et Mike est réellement touchante. Le réalisateur est bien aidé en cela par les deux acteurs principaux. Freddy Rodriguez, valeur montante révélée par Six Feet Under, est parfait dans son rôle d’homme abandonnant peu à peu toutes responsabilités à sa femme. Christian Bale est lui à nouveau impressionnant. Il passe sans souci du gros soldat-beauf parlant à moitié espagnol à l’homme traumatisé et franchement effrayant. David Ayer les suit au plus près avec une équipe technique réduite qui donne une image granuleuse collant très bien au scénario. Malgré quelques longueurs, il arrive à réaliser son premier long métrage de manière sobre et efficace arrivant à faire basculer son récit du délire de potes au drame en embarquant le spectateur avec lui. Totalement pris par l’histoire, on regrettera juste que quelques effets clippesques viennent gâcher l’âpreté des dernières scènes.
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Publié
le 14/01/2007 par Yannick Gallepie
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| Verdict |
Un premier film réussi sous le signe du road movie tripant et du drame intimiste sous fond de chronique sociale. |
7/10
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