|
Critique : Orlando Vargas |
 |
|
Orlando Vargas va se réfugier sur la dernière île de la côte avant d'atteindre le Chili. Il devient soudain taciturne et revêt un comportement étrange. Au bout d'une nuit, il disparaît. Sa femme l'attend...
Orlando Vargas, de l'uruguayen Juan Pitalluga, est un film qui échappe à toutes conventions. Malheureusement pourrait-on dire, car le film n'est pas à la hauteur de sa présence à La semaine de la critique à Cannes cette année. La première partie où l'on voit Orlando, dans un premier temps dans le cadre de son travail, puis dans le cadre familial avec sa femme et son fils, est très absconse. On peine à pénétrer dans le film comme si l'on plongeait dans une eau trouble. Qui est Orlando Vargas? Quelles sont ses fonctions? Tout cela est éludé et tend, d'emblée, à rebuter le spectateur, qui peut encore espérer découvrir le secret du protagoniste principal dans la seconde partie qui se déroule à Joséfina. Cependant, et malgré de grands efforts, on peinera à comprendre ce qui a pu motiver Paulo Branco à produire ce film. Certes le paysage est magnifique et tranche avec la froideur des bureaux du début, mais les scènes d'une insignifiance terrifiante se succèdent en nous imposant leurs lois d'une rigidité décourageante.
Les scènes sont courtes, coupantes et ne laissent pas de place à la contemplation sinon à l'imagination des plus courageux. On rêve de ce qu'aurait pu faire un Antonioni ou un Tarkovski d'une oeuvre dont le grand atout se devait, puisqu'il ne se passe rien, d'être l'atmosphère du récit. Au lieu de cela, les scènes se suivent et leurs brièvetés, ainsi que leurs insignifiances nous glissent au coin des yeux pour laisser place à un vide abyssal, rarement vu, au cinéma, sinon dans le déjà mauvais 'Te quiero' de Manuel Poirier en 2001. Aurélien Recoing à la présence animale et la roumaine Elina Löwensohn, toute en charme et en grâce mêlée ne sont pour rien dans le ratage du film. Bien au contraire, ils nous aident à tenir durant ces longues, trop longues 78 minutes qui réussissent en si peu de temps à plomber l'envie du cinéphile. Leur tort est, sans doute, d'avoir trop fait confiance au réalisateur qui avait participé, l'année dernière à l'excellent Mondovino.
|
| |
|
Publié
le 17/07/2005 par Christophe Hachez
|
| Verdict |
Malgré une interprétation sans faille, Orlando Vargas se révèle creux et sans véritable intérêt. Les désirs artistiques et scénaristiques du réalisateur tombent sans cesse à côté d'une ambition apparemment mal pesée. |
3/10
|
|
|
|