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Critique : The Fountain |
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Après un Requiem for a Dream qui fit grand bruit, Darren Aronofsky revient avec The Fountain, pour lequel il dirige sa fiancée Rachel Weisz, et le très en vue Hugh Jackman.
Quoi qu’on en dise, Darren Aronofsky est un phénomène. Après s’être révélé avec le thriller à très petit budget Pi, le bonhomme avait laissé en extase bon nombre de personnes qui se sont prosternées devant son Requiem for a Dream, film à la morale bien simple (la drogue ce n’est pas bien) et au scénario très cheap, habillé par des effets ultra-branchouilles et clippesques à souhait qui paraîtront bien vite assez kitsch. Le réalisateur démontrait alors qu’il était bien plus doué pour développer un univers visuel que pour raconter une histoire. Voilà qu’il arrive maintenant avec The Fountain, présenté comme une réflexion sur l'amour, la mort ainsi que la fragilité de notre existence sur Terre. Ce projet, ça fait un moment qu’il souhaitait le faire et il aurait du être enclenché dès 2002, soit juste après son précédent film, avec Brad Pitt et Cate Blanchett. Mais un différend artistique avec l’acteur qui va se diriger vers Troie va mettre un frein au projet. Le réalisateur va devoir alors attendre deux ans, revoir son budget à la baisse, de 75 millions à 35 millions, et va finalement faire tourner sa fiancée à la ville Rachel Weisz, ainsi que l’acteur en vue Hugh Jackman.
Dès les premières minutes du film, on reconnaît tout de suite qu’on se trouve devant un film « de Darren Aronofsky » avec une esthétique très soignée et un montage incisif. Moins expérimental et bordélique que Requiem for a Dream, The Fountain est néanmoins une nouvelle fois plus soigné sur la forme que sur le fond. Le film déroule une histoire sur fond de love story quelconque accompagnée d’une pseudo-réflexion assez poussive sur l’acceptation de la mort. Pour enrober l’histoire, Darren Aronofsky développe un univers visuel formellement superbe, il faut le reconnaître, et donne à certaines scènes une ambiance à laquelle on ne sait s’il faut donner le qualificatif de grandioses ou grandement prétentieuses. L’individu semble par moment nous rendre dans son traitement un vague brouillon inspiré de ce que le grand Stanley Kubrick peut donner avec son 2001 : l'odyssée de l'espace. Ici, la réflexion est forcément moins subtile, puisqu’on tend à tout nous expliquer à travers des scènes bavardes et hautaines.
Heureusement, outre certaines scènes de toute beauté, le nouveau film de Darren Aronofsky est divinement accompagné par la bande originale signée Clint Mansell, fraîchement nommé aux Golden Globes. Par ailleurs, le film bénéficie d’une prestation de bonne tenue de la part de son duo d’acteurs. Après l’Oscar reçu l’an dernier pour The Constant Gardener, Rachel Weisz confirme qu’elle est une actrice douée, tandis que Hugh Jackman interprète correctement un rôle assez délicat. Le problème avec The Fountain, c’est que l‘on sent que les intentions sont là, que la maîtrise visuelle est là, mais que le traitement scénaristique est un peu trop naïf pour être véritablement bouleversant. Quoi qu’il en soit, Darren Aronofsky est un réalisateur singulier qui enchantera toujours autant certaines personnes qu’il en énervera profondément d’autres s’il continue dans la lignée de ses trois premiers films. Affaire à suivre au prochain film…
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Publié
le 01/01/2007 par Cyril Perraudat
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| Verdict |
Darren Aronofsky nous revient avec un film qui soigne une fois de plus la forme au détriment du fond, développant une réflexion bancale et peu subtile sur l’amour et la mort. Les aficionados apprécieront là où les autres décrocheront… |
5/10
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