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Critique : Arthur et les Minimoys |
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Après avoir écrit la tétralogie des aventures de son nouveau héros, Luc Besson nous présente Arthur au cinéma interprété par Freddie Highmore.
Dans la maison de sa grand-mère, Arthur attend le retour de son grand-père – disparu depuis plusieurs années – en rêvant devant son album de souvenirs : son aïeul y parle d’une tribu africaine immense ayant cherché puis trouvé une tribu minuscule, les Minimoys. Il aurait aussi reçu une grosse quantité de rubis, qu’il aurait caché dans le jardin… Mais le monde tranquille du jeune Arthur risque de se fracturer : la maison est menacée par un promoteur immobilier qui, dans deux jours, expulsera l’enfant et sa grand-mère. Arthur n’a alors pas le choix : il doit retrouver les rubis, et donc pénétrer dans le monde des Minimoys, personnages débrouillards aux longues oreilles qui vivent dans le jardin. Une fois rapetissé, il devra, allié au turbulent Bétamèche et à sa sœur, la ravissante princesse Sélénia, lutter contre le terrible M le maudit et son fils zozotant Darkos, et par la même occasion retrouver son grand-père.
Un film d’animation sortant mi-décembre : le public visé est clairement annoncé dès le début. Tout est donc fait pour séduire les enfants, du héros âgé de 10 ans et interprété par le toujours talentueux Freddie Highmore aux couleurs attrayantes du monde des Minimoys, en passant par le scénario simpliste ou encore l’histoire d’amour. Les personnages n’ont pas tellement de profondeur et sont plutôt stéréotypés. Bétamèche est le petiot attachant et comique, Sélénia la fille intouchable qui s’adoucit, le Roi a un cœur d’or et l’on retrouve aussi bien sûr le savant un peu fou… Quant à l’histoire du méchant promoteur immobilier, on ne compte plus le nombre de films qui l’ont déjà exploitée : même Disney a pioché dans le gâteau, avec La Ferme se rebelle.
Pourtant, il faut voir au delà de cette première impression. Arthur et les Minimoys parle de sujets un peu plus graves qu’il n’y paraît. Le premier est le problème de l’absence des proches : le grand-père tout d’abord, que son petit-fils et sa femme attendent en comptant les jours, mais aussi les parents d’Arthur, montrés comme deux irresponsables. Arthur apparaît donc comme en manque affectif, ce qu’il compense avec son chien. Il ne pouvait donc que tomber dans la magie du monde des Minimoys, et la prestation touchante de Freddie Highmore fait qu’on l’accompagne volontiers. Autre thème abordé, celui de la menace pesant sur l’écologie de la planète. Le promoteur veut la maison parce qu’il est cupide, et le salut vient d’une tribu indienne « traditionnelle » et d’un peuple miniature vivant entre les brins d’herbes et dormant dans les coquelicots, à mi-chemin entre un Microcosmos amélioré et un groupe de Borrowers écolos. Le symbole est clair.
Mais le traitement de ces thèmes est clairement orienté vers les enfants, et l’on ne trouve pas la poésie qui pourrait toucher les plus vieux. Hayao Miyazaki aborde lui aussi l’écologie dans ses oeuvres mais parle à tous les âges, alors qu’Arthur et les Minimoys reste obstinément simple. Le film est bourré de références, plus ou moins adroites d’ailleurs (le coup de l’épée prise dans la pierre et les sauts à la Matrix par exemple), qui sont faites tellement ouvertement qu’elles s’adressent là encore aux enfants et ressemblent finalement plus à une simple copie qu’à un hommage ou à une transposition. Le passage chez les pseudo-rastas est franchement incongru, et semble n’être là que pour justifier une sorte d’intermède musical. De plus, on peut aussi regretter le rythme ultra-stressé dans toutes les scènes chez les Minimoys : l’animation est vraiment très bien décomposée, bourrée de détails, mais on n’a pas toujours le temps de l’apprécier. Le film aurait gagné à s’allonger d’un petit quart d’heure supplémentaire.
Petite précision pour terminer : le film se fonde en fait sur les deux premiers livres (« Arthur et les Minimoys » et « Arthur et la cité interdite »). Luc Besson parle d’une possible trilogie cinématographique, sachant que les volumes 3 et 4 (« La vengeance de Malthazar » et « Arthur et la guerre des deux mondes ») sont indépendants (le troisième tome voyant Arthur retourner chez les Minimoys et le quatrième assistant à l’arrivée du méchant Malthazar dans notre propre monde). Or, Luc Besson nous l’avait dit : il fera dix films, puis arrêtera de tourner. Alors, soit il laisse les rennes à quelqu’un d’autre, soit il joue un peu sur les mots et on considèrera la trilogie d’Arthur comme un seul et même film… Rappelons tout de même qu’Arthur et les Minimoys a été conçu en 5 ans, aussi a-t-on encore le temps de voir venir les choses.
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Publié
le 20/12/2006 par Marie-Ambre Devanlay
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| Verdict |
Arthur et les Minimoys est un bon film dédié à un jeune public, avec un réel message écologique. Dommage cependant qu’il s’adresse si peu aux plus vieux. |
6/10
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