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Critique : Black Book |
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Après de nombreuses années hollywoodiennes, Paul Verhoeven revient dans son pays d’origine, les Pays-Bas, pour nous livrer Black Book, chronique d’une résistante juive infiltrée chez les nazis.
On l’a laissé il y a 6 ans avec son dernier film hollywoodien en date, Hollow Man, qui s’amusait à donner une autre dimension, plus trouble et perverse, au personnage de l’homme invisible. Fatigué de la pression des producteurs outre-Atlantique qui ne lui permettaient pas d’aller au bout des choses, Paul Verhoeven revient dans son pays, là où il a fourni ses œuvres les plus enragées il y a maintenant longtemps de ça. La rage, la non-conformité et le refus du politiquement correct l’ont tout de même plus ou moins suivis lors de son long séjour hollywoodien où il nous a tout de même livré en plus de Hollow Man : La Chair et le sang, Robocop, Total Recall, Basic Instinct, Showgirls et Starship Troopers. La plupart du temps, ces films savaient allier parfaitement divertissement grand public et subtile réflexion sur l’état de l’être humain. En se délivrant du carcan hollywoodien, on sent qu’il a eu toute la liberté pour s’exprimer dans ce Black Book d’une énergie débordante.
Paul Verhoeven nous fait découvrir ici une période de la Seconde Guerre Mondiale bien peu représentée au cinéma, vers la fin du conflit en Hollande. Par le biais de l’histoire de cette juive obligée de fricoter avec les nazis, le réalisateur monte un thriller haletant qui se fait vitrine de l’horreur et l’absurdité de la guerre. Il ne se contente pas d’ailleurs de fustiger uniquement le comportement intolérable des nazis, mais nous montre également la façon honteuse avec laquelle quelques personnes se sont comportées lors de la libération et comment quelques autres ont collaboré avec l’ennemi, que ce soit par avidité ou par simple peur. Le manichéisme n’est pas de mise chez Verhoeven, ça se saurait ! Dans cette histoire de trahisons et de coups montés, le film nous montre des scènes de violence aussi soudaines que brutales, qui font réellement froid dans le dos. Quel dommage que Paul Verhoeven se soit senti obligé à ces moments-là d’appuyer l’effet par une bande-son beaucoup trop présente qui atténue un peu l’impact émotionnel. Dommage également qu’il laisse dans le récit des personnages un peu caricaturaux comme ce résistant un peu trop chrétien mais dans l’ensemble, les autres ont une personnalité plutôt bien définie et sont servis par une interprétation tout à fait satisfaisante.
Le véritable point fort sans lequel le film ne pourrait pas avoir le même impact, c’est l’interprétation sans faille de l’éblouissante Carice Van Houten, auteure d’une performance époustouflante et bouleversante, que l’on suivra désormais avec beaucoup d’attention. Avec une mise en scène loin d’être parfaite, voire même par moments un peu plate (un comble chez Paul Verhoeven !), le film arrive à nous accrocher grâce à de multiples rebondissements crédibles qui relancent à chaque fois l’intérêt du spectateur. Paul Verhoeven n’est pas du genre à sortir les violons et le film évite donc toute scène pompeuse pour aller directement à l’essentiel, l’émotion faisant généralement mal, que ce soit par la violence ou par les mots. Pour finir comme il se doit cette belle parabole sur la propension de l’être humain à faire le mal, le film se termine sur un plan sobre et percutant qui nous met face à la triste réalité.
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Publié
le 06/12/2006 par Cyril Perraudat
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| Verdict |
Black Book n’est peut-être pas le grand film attendu, la faute à quelques petites imperfections, mais s’impose comme une œuvre passionnante qui révèle une actrice de talent : Carice Van Houten. |
7/10
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