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Critique : The Host |
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Séoul, une journée ordinaire… Où tout bascule lorsqu’apparaît un monstre sur les berges de la rivière Han. Bong Joon-ho signe avec The Host un magnifique film de genre.
A Séoul, Hee-bong Park tient un snack avec les membres de sa famille, Nam-Joo, championne indécise de tir à l’arc, Nam-il, hautement diplômé mais éternellement au chômage, l’irresponsable Gang-du et sa fille unique, Hyun-Seo. Un beau jour, un monstre apparaît sous le pont de la rivière Han. Peu après sa découverte, la bête attaque sauvagement les habitants, et dans la confusion la plus totale, emporte avec lui la jeune Hyun-seo. Débute alors une traque effrénée à travers la ville pour retrouver la fille disparue.
Le monstre, sorte d’incarnation de la déshumanisation de l’humanité, s’attaque à une famille que l’on pourrait qualifier de classe moyenne ; ou quand la banalité côtoie l’imaginaire. Trois générations pour trois visions différentes du monde, différents parcours, différentes motivations. C’est clairement la diversité que Bong Joon-ho a voulu exploiter ici, et c’est avec brio qu’il y parvient. Il a combiné divers genres, pour proposer diverses visions sur des sujets bien distincts. Le film jongle entre film de monstre, drame familial et débat politique, le tout teinté d’un humour potache, au départ surprenant, mais qui au final donne une empreinte unique au film. Ainsi, le ton balance toujours entre plusieurs tendances, et un décalage se crée, par exemple grâce à la musique délibérément lyrique ou encore cet humour qui vise à détendre l’atmosphère. C’est comme ça que certaines scènes tragiques peuvent rapidement apparaître drôles voire grotesques, notamment une scène de deuil, à mourir de rire (sic !). Cette balance à double tranchant peint une société en apparence droite mais en réalité totalement déséquilibrée, incomprise, et perdue.
C’est ainsi que le film se démarque, de par sa dérision ponctuée et des chemins engagés auxquels on ne s’attend pas. On est agréablement surpris, à condition de se prendre au jeu. Le monstre n’est qu’un prétexte pour dévoiler la personnalité de chaque personnage dans un contexte de crise, des gens ordinaires dans des situations extraordinaires. L’horreur, bien que présente, n’est pas gratuite, et l’on est touché par les personnages. C’est ainsi que Bong Joon-ho travaille, il rend ses personnages loufoques très attachants et très humains.
Le réalisateur nous présente différents aspects de la banalité, et transforme un lieu commun en terrain de bataille épique. Les lignes sont fluides, le regard gâté, le film se regarde avec un grand plaisir. Les musiques sont d’une grande intensité, très voluptueuses, elles libèrent une certaine puissance qui confère aux scènes une ambiance particulière. Bong Joon-ho connaît son film, et nous le raconte sans écorchure, grâce un rythme maîtrisé, et un sens de la narration qui fait oublier le temps au spectateur durant la projection. Le tout est servi par des acteurs concernés par ce qui leur arrive, et qui brillent dans les différents registres dans lequel baigne le film.
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Publié
le 04/12/2006 par Sébastien Sosa
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| Verdict |
Novateur, The Host sait mélanger les genres habilement tout en restant dans le cadre de son propos. Un très joli coup qui, on l’espère, saura redonner goût aux spectateurs pour le cinéma de genre. |
8/10
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