Après le succès de Goldeneye, Martin Campbell reprend les rênes de la saga James Bond pour mettre en scène l’agent Daniel Craig dans sa première mission.
Après Ethan Hunt au printemps dernier, et en attendant Jason Bourne en septembre prochain, c’est au tour du plus célèbre espion de la planète de reprendre du service. Son nom : « Bond, James Bond ». Tout juste auréolé de l’accréditation double zéro, c’est-à-dire du permis de tuer, l’agent du MI6 James Bond est chargé d’appréhender un dangereux poseur de bombes, mission qui va l’amener à se retrouver sur le chemin du Chiffre, banquier d'une organisation terroriste internationale. Mais tout serait trop simple pour Bond si une femme ne venait pas y ajouter son grain de sel.
Pour ce 21ème opus de la saga entamée il y a plus de 40 ans, les producteurs ont décidé d’adapter à l’écran Casino Royale, le premier roman de Ian Fleming, afin de revenir sur les origines du célèbre agent secret du MI6. Cette nouvelle aventure était un projet risqué car elle se voulait résolument plus proche du livre donc plus sombre, plus réaliste, mais tout en conservant les ingrédients qui firent le succès de la franchise. Pour faire en sorte que Casino Royale marque un nouveau tournant dans la longue histoire de James Bond, comme le fit en son temps Goldeneye, c’est à nouveau Martin Campbell qui est chargé de mettre en scène 007.
Au-delà du nouvel angle d’approche du personnage, la réelle attente des fans se situait au niveau de l’interprète de Bond. En effet, avant même la diffusion des premières images du film, le choix de Daniel Craig fit rager plus d’un aficionado de 007 : « trop blond », « trop petit »… Mais force est de constater qu’une fois le film commencé, ces détails n’ont plus d’importance tant Daniel Craig incarne à merveille un Bond nouvelle génération, plus sombre, plus fragile, mais toujours aussi arrogant. Par ailleurs, le comédien se dépense sans compter mettant au service du personnage toute sa puissance physique et son charisme quasi-animal, qui marque réellement l’écran lors des plans rapprochés.
Fini également les gadgets hypersophistiqués de Q, de même que les voitures invisibles et truffées d’armes secrètes, le mot d’ordre de Casino Royale est d’apporter une approche plus sobre, plus réaliste. Et cela marche durant la première heure du film. Martin Campbell suit un Daniel Craig survolté qui enchaîne les scènes d’action plus spectaculaires les unes que les autres, où les coups portés lors des séquences de close-combat atteignent une intensité rare. Néanmoins, la deuxième partie du film s’essouffle et tire quelque peu en longueur, car Martin Campbell semble soudainement plus en difficulté lorsqu’il s’agit de faire ressentir au spectateur toute la tension qui règne dans une partie de poker où les gains atteignent plus de 100 millions de Dollars.
On notera tout de même la tentative des scénaristes d’explorer la psychologie de Bond en le mettant face à son passé et en le rendant plus vulnérable qu’à l’accoutumé. La présence du personnage d’Eva Green, qui tente, comme elle le dit elle-même dans le métrage, de percer son armure en témoigne indubitablement. Mais malheureusement, cela reste trop superficiel, l’intrigue préférant se recentrer rapidement sur le côté séducteur de l’espion. Mads Mikkelsen incarne de son côté un méchant de service tout à fait convenable, mais ne convainc pas autant que Daniel Craig, dont la présence à l’écran impressionne véritablement. On comprend désormais pourquoi les producteurs l’ont fait signer pour le 22ème épisode de la saga avant même la diffusion de Casino Royale.
|