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Critique : Je m'appelle Elisabeth |
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Jean-Pierre Améris filme une enfance troublée et découvre un grand nouveau talent dans Je m’appelle Elisabeth.
En adaptant le roman homonyme d’Anne Wiazemsky, Jean-Pierre Améris s’attaque au thème de l’enfance sous l’angle de la solitude et de la souffrance. Le scénario suit en effet le personnage d’Elisabeth, fille de 10 ans que tout le monde appelle Betty et qui se retrouve seule après le départ de sa sœur pour une pension. Face aux disputes incessantes de ses parents, la jeune fille s’isole peu à peu. Elle rencontre alors un fou échappé de l’asile tenu par son père, et décide de l’héberger dans la remise au fond de son jardin. Jean-Pierre Améris arrive ainsi sur un conte sur la dérive d’une petite fille livrée à elle-même qui se lie d’amitié avec un malade mental, et se retrouve sur un chemin balisé plus tôt cette année par le Tideland de Terry Gilliam, même si sa cruauté est moins perverse que celle de l’anglais. Le cinéaste français peut-il soutenir plus loin la comparaison ?
La grande surprise de Je m'appelle Elisabeth est son actrice principale. Le petite Alba Gaïa Kraghede Bellugi porte le film sur ses épaules comme le ferait une star en tête d’affiche et n’a pas à rougir face à son homologue américaine Jodelle Ferland. Elle alterne entre étonnante maturité et naïveté totale avec la même crédibilité pour les deux types de jeu. Le scénariste Guillaume Laurant, connu pour son travail sur les films de Jean-Pierre Jeunet, lui offre de superbes répliques qui, tout en rappelant ses précédents scripts dans le ton, colle à merveille avec l’esprit de cette fillette. La grande force de la réalisation de Jean-Pierre Améris est de toujours coller au point de vue de Betty. Aucune scène ne se passe sans elle. Les autres acteurs se retrouvent du coup très en retrait, à commencer par les deux parents, Stéphane Freiss et Maria de Medeiros. Seuls les comédiens jouant des rôles de malades mentaux retiennent aussi l’attention. Benjamin Ramon, pour son premier rôle, joue de manière très touchante le schizophrène qui se lie d’amitié à Betty. Yolande Moreau est elle à nouveau superbe en nounou traumatisée devenue muette et totalement refermée sur elle-même, qui s’ouvre peu à peu à la fillette.
Malgré la grande performance de ces trois acteurs, on ne peut s’empêcher d’être un peu frustré par ce Je m'appelle Elisabeth. Jean-Pierre Améris n’arrive pas à retranscrire visuellement la dérive de son héroïne. Les éléments les plus travaillés semblent être les décors, qui participent pleinement à l’ambiance, mais derrière, ça ne suit pas vraiment. La photographie n’a rien d’extraordinaire. Et même si l’on peut applaudir l’idée qu’a eu Améris de constamment suivre sa petite héroïne, il faut regretter qu’il ne fasse que s’en contenter par moments. A part au début du film où il introduit de nombreuses petites ellipses à l’intérieur des scènes, la réalisation est trop posée. Il n’arrive pas à retranscrire visuellement la dérive de son personnage. En résulte un léger manque de rythme et de personnalité. Plus grave, Je m'appelle Elisabeth se vend comme un conte tirant vers le fantastique. Malheureusement, si l’on sent qu’un imaginaire fort habite Betty, on ne le retrouve jamais dans le film ! Assez frustrant lorsqu’on a goûté au jusqu’au-boutisme d’un Terry Gilliam ou d’un Guillermo del Toro...
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Publié
le 23/11/2006 par Yannick Gallepie
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| Verdict |
Soutenu par une magnifique petite actrice, Je m’appelle Elisabeth ne va malheureusement pas au bout de sa démarche et devient donc frustrant. |
6/10
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