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Critique : Babel |
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Alejandro Gonzalez Inarritu et Guillermo Arriaga refont équipe pour diriger Brad Pitt, Cate Blanchett et Gael Garcia Bernal dans Babel.
Alejandro Gonzalez Inarritu à la réalisation, Guillermo Arriaga au scénario, on a connu moins attrayant ! Après avoir époustouflé leur monde avec Amours chiennes en 2000 et 21 grammes en 2004, ce talentueux duo pousse son concept encore plus loin avec Babel, film tentant de mettre en scène le concept de l’effet papillon, qui veut qu’un battement d’aile de papillon à Tokyo donne un orage aux Etats-Unis. Ce nouveau film chorale suit trois histoires différentes toutes liées par un lien de causalité. Dans la campagne marocaine, un habitant vend à un éleveur de chèvres un fusil qu’il laisse à ses deux fils. Alors qu’ils essaient la portée de celui-ci, ceux-ci abattent accidentellement une touriste américaine dans un bus. A Los Angeles, les deux enfants de cette touriste sont gardés par une clandestine mexicaine qui n’a d’autres choix que de les emmener dans son pays natal pour assister au mariage de son fils. Au Japon, une adolescente sourde-muette vit mal la peur qu’elle inspire aux garçons de son âge.
Après son brillant scénario pour Trois enterrements, Guillermo Arriaga nous livre à nouveau un travail d’une grande qualité. Il joue intelligemment avec l’opinion publique, surtout américaine, pour construire son histoire et aborder justement ses thèmes. Toutefois, il s’impose comme territoire d’écriture trois continents différents avec l’obligation du cause à effet. Si le lien entre le Maroc et les Etats-Unis est évident, le rattachement de l’histoire japonaise est lui beaucoup plus tiré par les cheveux.
Récompensée à Cannes, la mise en scène d’Inarritu s’empare avec talent du scénario d’Arriaga. Parfois proche du documentaire, la réalisation renforce le côté intimiste en opposition avec l’ampleur planétaire du projet. Si chaque lieu porte son drame particulier, le mexicain les différencie grâce à des passages musicaux permettant à chaque pays d’affirmer son identité propre. Ces scènes agissent comme des bouffées d’air dans le drame. Si la démonstration de force est un peu trop visible, elle n’enlève rien à la force du récit. Dans un autre registre, il est à souligner que l’interprétation s’élève vers le sublime. Gael Garcia Bernal fait son retour dans l’univers d’Inarritu avec un rôle moins glamour qu’à son habitude mais dans lequel il s’amuse comme rarement. La grande découverte de ce film est un jeune acteur du nom de Brad Pitt ! On redécouvre ici qu’avant d’être une star médiatique, il est un grand acteur, acceptant malheureusement parfois de mauvais rôles. Il est ici à un niveau qu’on ne soupçonnait plus depuis Fight Club et avec une toute nouvelle image d’homme quarantenaire et ridé.
Malgré toutes ses innombrables qualités, Babel arrive peut-être comme le paroxysme et donc le début de la fin du concept de film chorale appliqué par Arriaga et Inarritu. Habitué à ne pas descendre en dessous de deux heures, le duo se perd un peu ici dans la longueur. A vouloir être plus ambitieux, ils en font un peu trop, et tombe quelque peu dans la lourdeur. Dès lors, la musique minimaliste de Gustavo Santaolalla, oscarisé pour Le Secret de Brokeback Mountain, devient extrêmement répétitive. Pourtant, cela n’enlève rien au fait que Babel est un brillant drame intimiste montrant une fois le talent de ses deux auteurs.
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Publié
le 13/11/2006 par Yannick Gallepie
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| Verdict |
Le concept de film chorale d’Arriaga et d’Inarritu fait à nouveau merveille pour ce brillant drame intimiste. |
8/10
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