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Critique : Azur et Asmar |
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Variation magique au pays des Mille et une Nuits, Azur et Asmar ouvre les portes de son monde merveilleux. Quand c’est du Michel Ocelot on ne peut pas refuser…
Au cas où quelqu’un l’aurait oublié, les américains n’ont pas le monopole de l’animation pour enfants. Et surtout de l’animation de qualité. Entre deux débilités animales en 3D gonflées aux dollars, quelques longs-métrages bien de chez nous s’imposent avec bien plus que les honneurs sur nos toiles. Surtout lorsque le réalisateur s’appelle Michel Ocelot.
Et quand on s’appelle Michel Ocelot, on ne fait pas de banals films pour enfants, mais pour tous les âges. Azur et Asmar, dernière œuvre en date, en est une preuve éclatante et, une fois de plus, magistrale. Sa principale réussite consiste à livrer une histoire simple et dont la morale pourrait paraître conventionnelle (appel à la tolérance et à la découverte des cultures), mais qui n’est jamais ni facile ni démagogique. Michel Ocelot a fouillé et développé la psychologie de ses personnages, et il est plus qu’agréable d’avoir affaire à des protagonistes imprévisibles et originaux, dont les actions et réactions ne vont pas nécessairement de soi.
Autre point fort : le sens aigu du merveilleux et de l’extraordinaire dont le réalisateur fait encore une fois preuve. Azur et Asmar est un film fantastique, dans tous les sens du terme, qui le revendique. Fées, monstres, sortilèges, talismans… pas de doutes, Michel Ocelot a parfaitement digéré son petit lexique du bestiaire fantastique, et s’en sert avec autant de talent que dans ses précédents opus. Un tour de magie qui vire au tour de force au vu de l’exigence de qualité visible à chaque seconde de pellicule : le film n’est rien de moins qu’un éblouissement de tous les sens, un festival de couleurs, un ravissement pour les yeux. On retrouve à nouveau la précision incroyable des détails et le souci de la finition propre à Michel Ocelot, autant d’éléments qui avaient déjà contribué au succès des deux magnifiques Kirikou. L’Orient que dépeint le cinéaste est d’une beauté à faire pleurer. Quant au système d’animation si particulier, volontairement un peu saccadé, il ne choque pas puisqu’il s’inscrit dans un choix esthétique parfaitement logique et calculé. On notera seulement que la diction un peu ampoulée des personnages risque de surprendre les plus petits. Preuve géniale qu’un bon film pour bambins se doit également d’être un bon film pour adultes, Azur et Asmar confirme que Michel Ocelot est un grand, honteusement mis de côté, car portant la double étiquette dessin animé/ enfants. Messieurs les grands pontes du cinéma français, il serait temps de réparer cette erreur : à quand une section « animation » à la remise des Césars ?
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Publié
le 30/10/2006 par Sabine Garcia
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| Verdict |
Excellent divertissement qui sait être intelligent, Azur et Asmar est également une leçon d’esthétique magnifique. A mettre devant tous les yeux, et c’est un ordre ! |
8/10
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