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Critique : Amityville |
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Surfant sur la mode des remakes, la maison hantée d’Amityville est de retour 25 ans après le film original de Stuart Rosenberg.
La nuit du 13 novembre 1974, dans la communauté d’Amityville, un homme abat six membres de sa famille dans leurs lits pendant leur sommeil. Il avoue rapidement à la police avoir obéi à une voix qui émanait de la maison elle-même, et qui lui répétait sans cesse de « les attraper et de les tuer ». Un an plus tard, un couple de jeunes mariés, George (Ryan Reynolds) et Kathy Lutz, décide d’acheter la maison à un prix défiant toute concurrence compte tenu de sa surface, et ce, malgré que la vendeuse leur ait annoncé l’effroyable drame qui se déroula à l’intérieur de la bâtisse. Ils emménagent donc avec les trois enfants de Kathy, issus d’un premier mariage, dans la demeure où des évènements étranges ne vont pas tarder à se (re)produire.
Après un remake plutôt réussi du classique de l’horreur Massacre à la tronçonneuse, Michael Bay, via sa société de production Platinum Dunes, s’attaque à un autre film d’épouvante, déjà nettement moins marquant et d’une qualité relative, Amityville. Difficile donc du faire du bon avec du moyen et l’on comprend donc mal les raisons qui l’ont poussées à s’engager dans cette mise à jour complètement ratée.
Dès la scène d’introduction, censée mettre en bouche et donner un avant-goût de l’ambiance du film, le réalisateur nous offre un montage hystérique et mal foutu, appuyé par de gros effets sonores qui nous montre l’exécution des propriétaires originaux. On sent déjà que c’est mal parti et ce n’est là que le début de nos déboires de spectateurs. Il faut dire que le scénario n’est pas des plus originaux et la façon dont les évènements sont amenés, sans aucune tension dramatique, tire le film encore plus vers le bas. Le couple Lutz se doute bien qu’il y a un truc qui ne tourne pas rond lorsque la vendeuse leur fait visiter la demeure et, quand celle-ci se décide à enfin à leur raconter la terrible vérité, ils se disent qu’après tout, c’est la maison de leurs rêves et ce n’est pas parce que des gens sont morts dans les lits dans lesquels ils vont dormir qu’ils vont changer d’avis. Ouf ! On est sauvé, il va y avoir une histoire avec des fantômes et des esprits malveillants ! Dès lors, la famille va être témoin d’apparitions de fantômes en piteux état. Le père, quant à lui, va s’incliner peu à peu devant le pouvoir de la maison, et vouloir tuer toute sa famille. Avant ça, la plus jeune fille de la famille aura tenté de sauter du toit de la maison pour rejoindre la petite fille qui a été dézinguée. Evidemment, cette dernière aura pris soin en premier lieu d'effrayer la baby-sitter pour qu’elle ne revienne pas. Et il y a même un prêtre qui aura essayé d’exorciser la maison avant d’avoir peur, lui aussi. On a donc droit à tous les rebondissements stéréotypés qu’un film d‘épouvante peut nous apporter.
Avec ce scénario déjà pas folichon, le réalisateur Andrew Adamson, au lieu de jouer la suggestion, déballe toute l’artillerie d’effets visuels que permet la technologie actuelle avec des fantômes affreux et de l’hémoglobine distillée n’importe quand pour bien rappeler qu’on est dans un film d’horreur. Il enfile les scènes chocs sans réellement se soucier d’une quelconque crédibilité ou d’une montée dramatique dans le déroulement de l’histoire. Les grosses ficelles utilisées sont terriblement usées, les effets sonores omniprésents pour essayer de nous faire sursauter, les acteurs sont plutôt à la masse, car ils ont oublié d’être dirigés, Ryan Reynolds en tête car pas du tout crédible dans son changement de personnalité malgré les yeux rouges qu’il arbore pour montrer qu’il est possédé. On n’y croit pas un seul instant et la seule chose dont on ait peur, c’est de s’endormir avant la fin.
A l’avenir, les producteurs seraient avisés de réfléchir à deux fois avant de faire un remake de film d’épouvante, et de choisir au moins un film dont le scénario ait une consistance et un vrai potentiel d’angoisse. Et surtout de choisir un réalisateur qui saurait ménager une réelle atmosphère capable de générer le frisson que le spectateur est venu chercher dans les salles obscures, en signe de respect envers lui. Merci d’avance.
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Publié
le 16/07/2005 par Cyril Perraudat
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| Verdict |
Un mauvais remake d’un film déjà moyen à la base, qui procure comme unique angoisse de se demander comment faire pour tenir jusqu’au bout devant un tel déferlement de médiocrité. Une surenchère visuelle et sonore qui aligne les poncifs sans sourciller. Au secours ! |
2/10
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