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Critique : Voiture de luxe |
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Wang Chao vous propose une virée nocturne dans la Chine contemporaine à bord de sa Voiture de luxe.
Avec Voiture de luxe, co-produit par arte France Cinéma, Wang Chao signe son troisième opus après les remarqués L'Orphelin d'Anyang et Jour et nuit. Un film traitant du fossé se créant entre deux Chine, qui a manifestement tapé dans l’œil de Monte Hellman, président du jury de la sélection Un Certain Regard de Cannes 2006, puisqu’il lui a remis le Grand Prix de la section.
Et en effet, sous couvert d’une histoire se révélant rapidement être accessoire (un père recherche son fils, parti depuis des années, et qui n’a plus jamais donné de nouvelles), Voiture de luxe se révèle assez rapidement être une variation efficace sur le thème de la Chine divisée. D’abord entre campagnes pauvres et villes bouillonnantes. Une déchirure très bien représentée ici à travers les rapports entretenus par le père, instituteur rural merveilleusement interprété par l’acteur de théâtre Wu You Cai, et sa fille Yanhong (la chanteuse Tian Yuan), escort girl dans une boîte chic. Jamais manichéennes, leur relations et leurs échanges sont toujours emprunts d’une beauté certaine, ainsi que d’une mélancolie qu’un simple regard du formidable Wu You Cai rend pénétrante. Un bon point pour Wang Chao.
Mais le réalisateur se révèle beaucoup moins apte à retrouver la même force d’impact lorsqu’il aborde les conditions de vie sociales de ses contemporains. Rien ne semble en effet germer de ce qui était pourtant un terreau idéal à la réflexion et à la prise de conscience. A savoir, ce monde de la nuit dans lequel évolue la jeune Yanhong, flirtant avec la prostitution et fréquentant un petit ami trempé dans des affaires louches. On ne partage jamais réellement d’empathie avec les personnages. La faute à une mise en scène paresseuse et docile, qui ne fait que suivre ses protagonistes et se surprendre de temps à autres à admirer béatement la beauté de porcelaine de son actrice principale. Ce qui évidemment ne suffit pas.
Voiture de luxe adopte de plus un rythme lent et contemplatif, absolument pas en raccord ni avec la direction d’acteurs, vivante mais en roue libre, ni avec le scénario, qui nécessitait un tempo plus rapide afin de maintenir éveillé l’intérêt du spectateur. Au final, Voiture de luxe s’inscrit sans se démarquer dans la masse de films d’auteurs chinois à tendance socialisante, avec en plus une très vague sensation de déjà-vu. Dommage, car les très émouvantes scènes finales de « retour à la terre » laissent entrevoir tout le talent et la personnalité de Wang Chao, à travers des partis pris simples mais plus qu’efficaces. Laissons donc l’avenir nous dire quel aspect la carrière du cinéaste prendra.
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Publié
le 01/10/2006 par Sabine Garcia
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| Verdict |
Trop lent et trop lisse, Voiture de luxe ne parvient malheureusement pas à atteindre ses louables objectifs de départ. Restent une relation père/fille admirablement tissée et un interprète masculin émouvant. |
6/10
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