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Critique : Batman Begins |
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Cinquième épisode d’une franchise anoblie par Tim Burton et ridiculisée par Joel Schumacher, Batman Begins est pris en main par le jeune prodige Christopher Nolan.
Batman revient enfin sur grand écran, et avec un réalisateur digne de ce nom ! La nouvelle avait de quoi réjouir les aficionados (et pas seulement…) d’autant plus que les deux derniers opus réalisés par le sinistre Schumacher étaient parfaitement atroces. Le casting semble parfait, les scénaristes reconnus pour leur talent, et le réalisateur acclamé. Tout semble prédire le chef-d’œuvre.
Et bien non, pas tout à fait. En réalité, ce Batman Begins a tout du film à grand spectacle au sens le plus noble du terme. Tout d’abord grâce au casting prestigieux et très convaincant dont a su s’entourer Nolan. Christian Bale n’est pas le meilleur Batman, mais il est néanmoins excellent. Torturé et sombre à souhait, on le sent très investi dans son rôle, et la combinaison noire lui sied à ravir. Les seconds rôles, quant à eux, sont tous parfaitement interprétés et très crédibles. On pense notamment à Michael Caine, jubilatoire en majordome dévoué, à Gary Oldman, surprenant en flic idéaliste. Ou bien à Liam Neeson, très à l’aise dans un rôle de maître initiateur qu’il connaît par cœur. Mention spéciale également à Cillian Murphy, glaçant dans le rôle du redoutable Dr Jonathan Crane. A la manière du Kevin de Sin City (interprété par Elijah Wood), il confirme que les gueules d’anges font souvent les meilleurs psychopathes.
Quant à Christopher Nolan, il offre une mise en scène impeccable, sèche et directe. Il sait faire plaisir à son spectateur qui en a pour son argent, face à un film visuellement sublime. Grand film d’action, il baigne comme il se doit, dans les symphonies impressionnantes de Hans Zimmer et de James Newton Howard, au risque parfois de sombrer dans un style un peu trop pompeux à force de violons et de cuivres. Mais le genre s’y prête plutôt bien, et de toute façon les explosions couvrent la musique la plupart du temps.
Bien fait, bien réalisé, bien écrit, très bien joué, respectueux du mythe et de la franchise, efficace dans les scènes de combat, émouvant dans les scènes intimistes, le film a tout pour lui. Sauf une chose, l’étincelle, le point de vue d’un auteur qui aurait pu transcender un excellent blockbuster en très grand film, tout comme l’avait fait avant lui Tim Burton avec Batman et Batman le défi. Mais le but n’est pas de comparer le travail des deux réalisateurs. Celui-ci n’a en effet aucun point commun, malgré la maladroite tentative finale de rattacher le film au premier opus signé Burton. Il ne s’agit là que d’une variation sur le même thème. Là où Burton profitait de son homme chauve-souris pour explorer l’âme d’un personnage schizophrène et rongé par la vengeance, Christopher Nolan s’intéresse à un jeune homme somme toute un peu paumé et à la recherche de valeurs à défendre… Du moins seulement pendant la première partie du film, jusqu’à ce que celui-ci n’enfile son costume et ne devienne un justicier. Et c’est là que le bas blesse. C’est là que la vision personnelle de Christopher Nolan fait cruellement défaut. On sent même que le cinéaste s’inspire sans s’en cacher de films récents. Voire la relation entre Batman et Rachel (Katie Holmes), clairement empruntée au couple Tobey Maguire/Kirsten Dunst dans Spiderman. Et c’est bien dommage.
Restent tout de même du film quelques plans sublimes et quelques scènes mémorables : Batman contemplant Gotham du haut d’une tour, la dernière scène dans la rame de métro, les préparatifs de son antre secrète, l’armée de chauve-souris, ou bien la course-poursuite en Batmobile. Autant de détails qui font de Batman Begins un bon film, à défaut d’un grand film.
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Publié
le 16/07/2005 par Sabine Garcia
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| Verdict |
On attendait plus d’un cinéaste de la trempe de Christopher Nolan, mais le résultat est très honorable et parfaitement satisfaisant, notamment grâce à un casting excellent et bien pensé, et à une mise en scène efficace malgré le manque d’investissement de son réalisateur. |
7/10
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