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Critique : Melissa P. |
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Dieu que ce n’est pas facile la vie à 16 ans. Entre Maman qui ne comprend rien et les hormones qui vous tracassent, comment voulez-vous passer une adolescence tranquille ?
Un livre quasi-autobiographique scandaleux, une très jeune auteur/narratrice cachée sous un pseudonyme, un succès d’édition à la clé : vraiment cette Melissa P. sicilienne lorgne dangereusement du côté de notre Hell française. D’autant plus que l’ouvrage se voit lui aussi offrir une transposition sur grand écran avec une co-production hispano-italienne. Pour le pire ou pour le meilleur ?.
Hélas pour tout le monde, on est ici plutôt du côté du pire. En premier lieu à cause d’une esthétique effroyable. Tout en couleurs pastels et en jeux de lumière d’un goût douteux, Melissa P. tient graphiquement plus du téléfilm romantique pour ménagères de moins de 50 ans, que de la chronique déchirante d’une jeune fille en perdition. Les nombreuses scènes de sexe, thématique primordiale au cœur de cette histoire, sont amenées et filmées avec une platitude déconcertante. Ni sensuelles, ni choquantes, ni provocatrices, ni même voyeuristes, elles semblent presque embarrasser le metteur en scène qui paraît frappé de pudibonderie (un comble !) à chaque fois que son héroïne fait mine de s’effeuiller, quitte à verser dans le ridicule le plus crasse. On pourrait alors croire que Luca Guadagnino a tout simplement préféré se concentrer sur les émotions de Melissa (gracieuse Maria Valverde) ce qui serait un choix d’adaptation légitime et compréhensible. Mais là aussi, rien. La faute cette fois à un script superficiel et grossier, qui survole sans s’y arrêter ni s’y intéresser les passions et les douleurs de Melissa, préférant se reposer sur une voix-off ringarde et fatigante (« Cher journal… »). Rien, absolument rien ne se dégage de cette histoire se voulant sulfureuse mais qui n’est que niaise, mise à part une morale stupide sur le mode « Les garçons sont pas gentils, ils pensent rien qu’à leur zizi. ». Mais que les âmes sensibles se rassurent, Melissa trouvera enfin l’amour avec un garçon sincère et honnête. La preuve : il lui fait un dessin et l’embrasse sur la joue. Quand on dit que l’amour rend con.
Seuls éléments à sauver de cette débâcle : les espagnoles Maria Valverde et Geraldine Chaplin. Esseulées ou en duo (Geraldine Chaplin incarnant la grand-mère confidente de Melissa), les deux femmes dégagent un charisme et une énergie sans faille et emprunte de sincérité. Elles sont bien les seules à illuminer quelque peu cette embarrassante pellicule.
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Publié
le 27/09/2006 par Sabine Garcia
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| Verdict |
Entre une esthétique honteuse et un scénario boursouflé, Melissa P. ne va nulle part, et laisse son héroïne livrée à elle-même dans un film indéniablement raté. Les bonnes intentions ne suffisent pas. |
3/10
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