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Critique : Thank you for smoking |
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Aaron Eckhart sort son plus beau sourire pour camper un lobbyiste défendant le tabac dans Thank you for smoking.
Le hasard du calendrier des sorties françaises crée parfois des situations étranges. Alors qu’Ivan Reitman sort cette semaine Ma Super Ex, l’un de ses principaux concurrents n’est autre que Jason Reitman, son fils. Toutefois, le rejeton, scénariste et réalisateur de Thank you for smoking, semble bien mieux parti que son père. Pour son premier long-métrage, il décide d’adapter un livre de Christopher Buckley qui dénonce l’importance des lobbys dans la société américaine. A la manière de Lord of war et de son personnage Yuri Orlov, le pamphlet s’appuie sur une personnalité forte, celle de Nick Naylor. Lobbyiste pour l’industrie du tabac, il est passé maître dans l’art de parler, de la mauvaise foi et de vendre des cigarettes en ayant l’air d’un saint. Son travail n’est toutefois pas des plus faciles depuis que le sénateur du Vermont a décidé de mener une croisade contre l’industrie la plus meurtrière du pays, quand, en plus, le sieur doit se soucier de l’image qu’il renvoie à son enfant d’une douzaine d’années. Heureusement, Naylor est soutenu psychologiquement par M.O.D. Squad, un groupe qui s’est surnommé « Marchands de Morts » composé d’une lobbyiste de l’alcool et d’un autre des armes à feu. Sans nous apprendre grand chose sur les dangers du tabac, le scénario est une petite perle d’humour noire.
Dans la droite lignée du Lord of war d’Andrew Niccol, Jason Reitman adopte une esthétique très pop et tape-à-l’œil même si ce film ne bénéficie pas de la force visuelle inhérente aux armes à feu. Dès le début, le réalisateur pose l’ambiance en multipliant les effets à toute allure. Tout y passe : voix-off cynique à souhait, montage claquant, petite illustration apposée à l’image… Il revient ensuite à un style plus classique pour développer son histoire et ses personnages. Un peu moins abouti que son prédécesseur du point de vue de la réalisation, Thank you for smoking est un réel plaisir grâce à son ton et à ses protagonistes. Déjà brillant dans Conversation(s) avec une femme, Aaron Eckhart est parfait dans le rôle de Nick Naylor, un personnage totalement amoral au physique avantageux. Il est entouré d’une pléiade de seconds rôles incarnés par un casting assez impressionnant : J.K. Simmons, Robert Duvall, Katie Holmes, William H. Macy, Adam Brody, Maria Bello…Tout ce beau monde génère un entourage des plus débauchés en balançant des dialogues cinglants à chaque scène. Jason Reitman multiplie les péripéties permettant à son pamphlet de ne jamais tourner en rond et se permet même une petite incartade assez réussie dans le milieu du cinéma hollywoodien. Il maîtrise son sujet, sachant quand utiliser les effets de réalisation clinquants et quand poser sa caméra. Pour son premier film, il arrive donc à se sortir du piège du métrage à message en signant une satire très divertissante, drôle mais où l’on apprend finalement pas grand chose, défaut qu’on lui pardonne facilement.
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Publié
le 17/09/2006 par Yannick Gallepie
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| Verdict |
Thank you for smoking est une satire réussie et très drôle sur les lobbys, servie par un casting de haute volée. |
7/10
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