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Critique : A Scanner Darkly |
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Richard Linklater fusionne animation et acteurs live pour adapter Philip K. Dick en un décevant A scanner darkly.
Richard Linklater, réalisateur connu pour Before sunrise et Before sunset ou encore Rock academy, s’amuse parfois à faire des films plus expérimentaux. Ainsi en 2001, il mélangeait pour Waking Life l’animation en 2D et les prises de vue réelles de Julie Delpy et Ethan Hawke. Il réutilise aujourd’hui cette technique pour adapter le roman de Philip K. Dick, Substance Mort, qui nous transporte six ans en avant. Une drogue fera alors fureur, ruinant pas moins de 20% de la population devenue dépendant. Le gouvernement des Etats-Unis luttent contre ce nouveau fléau lié au terrorisme. Pour l’aider, la société New Patch a carte blanche pour s’occuper de la désintoxication des drogués. La police n’est pas en reste. En effet, des missions d’infiltration sont menées, notamment par le personnage principal de l’histoire, Bob Arctor. Cachant son identité à tout le monde, même à son supérieur, le policier perd vite ses repères et s’égare dans la drogue et les délires à l’instar des junkies qu’il doit surveiller.
A scanner darkly apparaît comme un projet alléchant et ambitieux. Pour une énième adaptation d’une œuvre de Philip K. Dick, le réalisateur Richard Linklater essaie de créer une ambiance singulière en exploitant à fond son filon de motion capture appliquée sur des stars en déclin (Keanu Reeves, Winona Ryder, Robert Downey Jr.). Il enrobe ainsi son métrage d’un univers à part sans jouer la carte de l’anticipation à des années lumière de notre époque.
Malheureusement, A scanner darkly se révèle être une énorme déception. Dès la première scène, le réalisateur profite de sa charte graphique pour livrer un délire psychédélique qui n’aurait pas pu être rendu autrement. De même, la liberté laissée par l’animation lui permet de faire bouger les éléments du décor en donnant une véritable instabilité à l’image. Malheureusement, ça ne va pas plus loin au contraire d’un film comme Renaissance dont le contenu, quant à lui, suivait. Le concept graphique, non exempt de touches de mauvais goût comme les ridicules tenues de camouflage, cache un vide abyssal. Les délires psychédéliques sont bien sympathiques avec des acteurs qui cabotinent à souhait mais cela ne suffit pas à faire un scénario. Ce dernier, sans aucune ampleur, fait que l’on ne suit que le personnage principal et ses amis drogués sans voir les conséquences de la drogue sur la masse des gens. Pendant bien longtemps, il ne se passe juste rien, on observe juste les disputes sans intérêts de deux junkies. Quelques bonnes idées comme une scène de suicide assez originale viennent ponctuer ce néant, laissant encore plus de regret.
Richard Linklater passe totalement à côté de son sujet, à savoir la déchéance paranoïaque et sous stupéfiant du policier infiltré et de la population gangrénée par le fléau. Il est de plus très confus et complexe dans le traitement de l’intrigue policière. Si l’aspect graphique permet de créer un univers crade, le scénario n’en profite pas et nous livre une histoire plate, sans aucune aspérité et dont le rythme devient très vite une souffrance. Jamais torturé dans son traitement, le concept et le livre de K. Dick aurait mérité un autre scénario et une autre réalisation que ceux de Linklater. Se rendant compte à un quart d’heure de la fin qu’il a oublié l’histoire policière au profit d’une simple illustration de son concept, le cinéaste nous bâcle son final. Décevant.
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Publié
le 15/09/2006 par Yannick Gallepie
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| Verdict |
Malgré un concept graphique et un synopsis alléchants, A scanner darkly trébuche dans l’ennui, la faute à un scénario mal orienté et à une réalisation discutable. |
5/10
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