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Critique : Jardins en automne |
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Otar Iosseliani, réalisateur géorgien connu pour son univers loufoque, revient avec Jardins en automne, un bel échec !
Il y a des débuts de films qui laissent perplexe, laissant présager du pire malgré quelques belles promesses. Jardins en automne est de ceux-là. Le réalisateur et scénariste géorgien Otar Iosseliani, aidée à l’écriture par la productrice Martine Marignac, dresse le portrait d’un ministre du gouvernement français. On esquisse quelques sourires tout d’abord face à ces caricatures d’homme politique et de femmes sans gêne. On espère une montée en puissance dans ce grand n’importe quoi. En vain… Après s’être fait viré de son poste par une manifestation contre 133 licenciements/contre Le Pen/d’agriculteurs mécontents (ndlr : désolé pour la tergiversation, mais le réalisateur n’a pas vraiment choisi et alterne les versions selon les plans !), le ministre se fait plaquer par sa femme, rejeter par son ancienne maîtresse et se retrouve dans son ancien quartier. Il retrouve alors ses amis d’autrefois et est censé revivre, selon le synopsis. Le problème c’est que lorsqu’on pense revivre en passant son temps à boire, la vie prend vite un goût de lendemain de cuite très mal géré. Le carpe diem annoncé est plutôt raté puisque le personnage principal ne s’amuse jamais… Les relations entre les personnages ne sont même pas tissés. Passons sur des thèmes plus que louches dont on ne sait pas la finalité. Très vite, soit on ne comprend pas, soit on n’y croit pas. Dans tous les cas, on s’en fout.
Otar Iosseliani tente des choses point de vue réalisation. Pour créer un univers burlesque, il essaie de se séparer de quelques dialogues, privilégiant l’image. Problème : il ne se passe rien ou presque dans l’image et l’ensemble du film se révèle plus bavard qu’autre chose, surtout pour du burlesque. Le parti-pris esthétique de filmer avec de longs plans séquences est louable mais la mécanique des mouvements est bien trop visible. Au lieu de foisonner de vie, on sent que rien ne se passe hors champ, que les acteurs attendent laborieusement leur tour pour bouger. La caméra suit tranquillement les personnages, se pose pour les dialogues, rien d’extraordinaire. L’envie de plan séquence révèle au final un manque total de sens du découpage. Le jeu d’acteur est l’un des gros problèmes du film. Tout manque de dynamisme, les dialogues sonnent faux, on frise la catastrophe. Michel Piccoli, déguisé en grand-mère, ne convainc pas vraiment. On lui préfèrera très nettement la performance de Darry Cowl dans Pas sur la bouche. On n’accroche jamais à l’univers d’Otar Iosseliani faute de rythme, de folie. Tout sent la volonté d’être décalé mais sans trop en faire. On finit dans le tout juste insolite voire l’anecdotique. Le réalisateur semble ne pas être assez radical dans son traitement, il ne va pas au bout des choses. Il devient alors une sorte d’antithèse d'Enfermés dehors d'Albert Dupontel. Chaque détail sonne le faux, le mal travaillé. Ne reste plus qu’une caricature vulgaire et lassante. Le film devient un véritable supplice du haut de ses 1h57, bric à brac d’idées farfelues qui auraient pu être nettement mieux exploité. On finit par ne même plus esquisser les même sourires qu’au début et l’on souhaite juste voir la fin arriver sous peu. De bonnes idées, il y en a, mais pour un bon film, on est loin du compte.
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Publié
le 12/09/2006 par Yannick Gallepie
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| Verdict |
Jardins en automne est une tentative d’univers burlesque raté au rythme insoutenable. Si l’on n’accroche pas à l’univers, le film devient vite un supplice. |
4/10
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