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Critique : Fair Play |
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Le monde du travail est un sport à part entière où les coups-bas sont légion et où des rancœurs tenaces émergent. Une chose est sûre : il y est rarement question de Fair Play.
Lionel Bailliu s’est fait remarquer et récompenser pour son court-métrage d’une demi-heure intitulé Squash dans lequel il était question d’une partie de squash entre un patron et son employé qui tournait au règlement de comptes. Le réalisateur a eu alors envie de décliner son idée sur un long-métrage sobrement mais intelligemment intitulé Fair Play, grande notion généralement véhiculé par le sport, qui va être mis ici en parallèle avec le monde du travail à travers un principe inédit mais efficace : le film se découpe en six longues scènes correspondant chacune à un sport et sur lesquelles les protagonistes vont petit à petit se laisser aller à dévoiler leur part de méchanceté.
Adoptant une mise en scène assez efficace, Lionel Bailliu crée une atmosphère délectable et rapidement malsaine lors des différentes joutes durant lesquelles la tension monte lentement jusqu’à un feu d’artifices de haine entre les protagonistes. En ce sens, la scène du squash est une vraie merveille. Se déroulant dans un décor quasiment nu composé seulement des murs blancs ornés de traits rouges de la salle, le réalisateur sait nous tenir en haleine de belle manière en alliant efficacement des angles de vues variés sans pour autant tomber dans le n’importe quoi. Chaque personne de ce film est en quelques sortes représentatif d’un type d’individu auquel on peut avoir affaire dans le monde du travail. Les traits de chacun d’entre eux s’en trouvent alors un peu appuyés mais c’est pour mieux pouvoir pointer avec justesse leurs défauts. Ce qui aurait pu tourner au propos répétitif et vain se veut finalement être une œuvre assez jouissive et tristement réaliste sur toutes ces choses qui gangrènent un milieu très enclin à l’arrivisme.
La portée et la force du film serait assez limité s’il n’avait pas été porté par un casting vraiment en forme dotés d’acteurs talentueux tels qu’une Marion Cotillard en femme désarçonnée, un Jérémie Rénier assez trouble, un Benoît Magimel déchaîné en bureaucrate lourdingue et salaud, et surtout un Eric Savin, parfait dans son rôle de chef d’entreprise un peu trop inflexible. Les premières scènes mettent en avant des duels savoureux qui mènent au point où tout va exploser : la séquence de canyoning. Sortie organisée par le directeur étant sensée resserrer les liens, celle-ci va être le théâtre de règlements de comptes dans laquelle Lionel Bailliu se sert efficacement de ses décors propre à faire monter la tension pour mettre ses protagonistes dans des situations extrêmes. On regrettera par contre une scène de conclusion pas vraiment opportune et qui vient plutôt alourdir le propos.
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Publié
le 11/09/2006 par Cyril Perraudat
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| Verdict |
Caricature efficace des formes de harcèlement dans le monde du travail, Fair Play arrive à allier le divertissement décapant et une analyse réaliste et effrayante. |
7/10
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