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Critique : Je vais bien, ne t'en fais pas |
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Philippe Lioret dirige Mélanie Laurent et Kad Merad dans Je vais bien, ne t’en fais pas, un drame familial sur fond de conflit générationnel.
Après Mademoiselle en 2001 et L’équipier en 2004, le réalisateur Philippe Lioret s’attaque à un drame familial inspiré d’un roman d’Olivier Adam, Je vais bien, ne t’en fais pas. Pour l’occasion, il réunie un joli casting avec Mélanie Laurent dans le rôle principal. Elle y joue Lili, une jeune femme de 19 ans revenant de vacances en Espagne où elle s’est liée d’amitié avec Léa, une étudiante de Science Po plus vieille qu’elle. A son retour, elle découvre que son frère jumeau a disparu après une dispute avec son père, interprété par Kad Merad. Choquée par cette nouvelle et désespérée de ne pas avoir de nouvelle de son frère, elle se laisse dépérir. Après avoir reçu une carte postale du fugueur, elle reprend espoir et recommence à vivre. En parallèle, elle se lie d’amitié avec Thomas, le fiancé de Léa. Sur fond de drame familial s’étendant sur un an, Je vais bien, ne t’en fais pas devient une chronique sociale traitant des conflits générationnels entre des jeunes pleins d’espoir et des parents terre à terre habitant dans des banlieues résidentielles. Le scénario de cette chronique, écrit par Philippe Lioret et Olivier Adam, sonne juste. Les relations entre les différents personnages inscrivent le drame dans une réalité quotidienne. Partant d’un événement bien particulier, la fuite d’un enfant, il traite de thèmes plus généraux, plus universels.
Le réalisateur Philippe Lioret s’empare de ce scénario et le traite de façon sobre, donnant une réelle force aux non-dits. Tout en retenu, il évite les explosions pathétiques qui auraient pu être tirées de ce genre d’histoire. Il se fait simple témoin, sobre dans sa narration comme pour ces ellipses où rien ne marque le temps qui passe à part l’inscription du jour. Le réalisateur laisse ainsi s’exprimer ses acteurs. Les performances de Kad Merad et de Julien Boisselier, pleines de retenue, sont très convaincantes. Ils sont parfaits en opposition à Mélanie Laurent, seule à laisser exploser ses sentiments, à se laisser dévorer par eux dans ce rôle de jeune femme irrationnelle. Avec cette gestion des sentiments, la superbe musique du groupe Aaron prend une réelle importance dans la dramatisation. Elle agit comme une sorte d’exutoire lorsque les sentiments sont devenus trop forts. Les chansons deviennent l’expression des sentiments dans un film où le non-dit est primordial.
Bien sûr, Je vais bien, ne t’en fais pas n’échappe pas au rythme habituellement lent de ce genre de drame. L’aspect frais de ses jeunes protagonistes nous le fait toutefois oublier. Entre l’obsession dramatique de la disparition et une vie normale plus légère, on ne sait par moments où le réalisateur veut nous emmener. A la fois drame, chronique sociale et portrait intimiste, Philippe Lioret marie le tout avec une même maîtrise. Aucun élément ne semble dépareillé, être plus faible qu’un autre. Si l’on ne sait pas vraiment où l’on va, c’est cette unité dans la justesse qui fait tenir le spectateur, séduit par des personnages touchants car vrais. Si le final peut d’abord dérouter, après réflexion et émotion, il ne fait qu’affirmer encore plus la maîtrise de Philippe Lioret.
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Publié
le 09/09/2006 par Yannick Gallepie
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| Verdict |
Un drame familial émouvant et tout en retenu doublé d’une chronique sociale pleine de justesse. |
7/10
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