Sept ans après son Sixième Sens acclamé tout autour du globe, M. Night Shyamalan revient sur le grand écran avec La Jeune fille de l'eau, l’adaptation cinématographique d’un conte qu’il imagina pour ses enfants.
Cleveland Heep, gardien d’un batîment, découvre dans les profondeurs de la piscine de son lotissement une nymphe, créature aquatique à l’apparence humaine pourchassée par des forces obscures. Pour sauver la jeune fille et lui permettre de retourner dans le monde qui lui appartient, Cleveland va devoir démêler tous les mystères concernant son univers semblable à celui des contes de fée.
Chaque film de
M. Night Shyamalan est un événement cinématographique. Depuis son
Sixième Sens qui lui a valu les faveurs du public et des critiques, le réalisateur enchaîne les projets à un rythme effrayant. Sa recette habituel du « film à rebondissement final » a su déterminer son style. C’est donc avec une certaine surprise que
La Jeune fille de l'eau, son tout dernier long-métrage, suit le processus totalement inverse de sa démarche habituel. Ici, tous les éléments nécessaires à la compréhension totale du film soit dévoilés à fur et à mesure que l’aventure prend place. On part d’une idée simple : une nymphe, jeune fille sortant de l’eau, est sauvée par Cleveland, et l’on découvre peu à peu toute la mythologie (totalement imaginaire) entourant la créature. Les clés pour la sauver apparaissent ainsi régulièrement, renouvellant sans cesse l’intêret que l’on peut porter à l’histoire.
Mais
La Jeune fille de l'eau est avant tout un conte, pour enfant ou pour adulte, qui tente de séduire le public par la multitude des personnages, tous à la fois différents et communs. Tout est parfaitement identifiable, et l’on retrouve dans ce batîment toutes les banalités que l’on connait de la vraie vie.
M. Night Shyamalan essaie ainsi de donner une dimension très réaliste à son film, et de faire en sorte que l’on puisse croire à ce conte comme on pourrait croire aux fantômes. Malheureusement, la pilule est peut-être un peu trop grosse à avaler. Certains personnages sont caricaturaux à l’extrême, et beaucoup de situations sont à la limite du ridicule. En utilisant un language propre aux anciennes légendes et en tentant de les réactualiser, le film ressemble délicatement à un jeu vidéo où le gentil doit sauver la princesse à l’aide de ses amis magiciens.
Réaliser un tel film était en effet un défi de grande taille pour un réalisateur qui a autant la cote, et le résultat risque d’en décevoir plus d’un. Certains apprécieront le double fond du film, et beaucoup d’autres ne comprendront pas où
M. Night Shyamalan tente d’aller, et n’y verront qu’une expérimentation qui n’arrive pas vraiment à convaincre. Néanmoins, et il s’agit sûrement de la grande force du film, personne ne pourra contester l’innocence enfantine injectée dans ce conte au charme bien réel. Avec La Jeune fille de l’eau, M. Night Shyamalan nous propose un film aux antipodes de ses précédentes œuvres et se lance malheureusement dans un registre qu’il ne maitrise pas totalement.