A l’heure où tous les films d’animation des grands studios américains sont en 3D, Universal Pictures lance Georges le petit curieux, tout en 2D et produit par Ron Howard.
Alors que tous nos bambins sont biberonnés à grands coups de films d’animation 3D plus ou moins réussis, mais en tous cas de plus en plus nombreux,
Universal Pictures et
Ron Howard prennent le « risque » de ressortir sur grand écran un film d’animation en 2D traditionnelle. On y retrouve ici Georges, le petit singe facétieux, héros dans les années 40 des livres de
Hans Augusto et
Margret Rey. Ici, Ted est très malheureux car le musée d’histoires naturelles Bloomsberry dans lequel il travaille est sur le point de fermer, faute de visiteurs, et le fils du patron s’est mis en tête de faire construire un parking à la place. Il se décide alors à partir au fin fond de l’Afrique à la recherche d’un objet qui pourra faire revenir les gens : la statue géante d’une divinité appelée Zagawa. Mais il revient bredouille et ramène par contre dans ses bagages un petit singe plein de vie qui va l’emmener dans de folles aventures.
Georges le petit curieux nous transporte au temps où
Disney savait faire de la 2D de qualité, c’est-à-dire sans humour vaguement branché, les chansons sirupeuses en moins. La bande-originale, composée par
Jack Johnson, s’intègre en effet parfaitement au récit et participe au dynamisme de l’ensemble, car il faut le reconnaître, cette œuvre passe à toute vitesse. Le dessin n’est pas particulièrement des plus soignés et les couleurs un peu trop criardes, mais cela se rapproche finalement de l’esprit bande-dessinée et les plus petits, auxquels ce film est clairement adressé, sauront immédiatement s’identifier à Georges, parfait reflet d’un jeune enfant, découvrant la vie et accumulant les bévues. Le scénario est assez simpliste et linéaire mais les diverses péripéties auxquelles doivent faire faces les personnages s’enchaînent plutôt bien, et le propos, distillant pourtant une morale convenue, réussit à ne jamais tomber dans la niaiserie.
Le divertissement est bon enfant et les aventures sont assez savoureuses, avec une galerie de personnages tantôt attachants tantôt farfelus comme ce gardien d’immeuble à l’odorat surdéveloppé ou cet inventeur déjanté. Ces aventures menées à un train d’enfer et très colorées sauront donc pleinement satisfaire les enfants qui adopteront sans problèmes ce petit singe à la bouille irrésistible. On ne regrettera qu’un scénario faiblard évoluant sur des sentiers hyper-balisés. Mais après tout, lorsque se présente un film d’animation traditionnel qui n’essaie pas de trop en faire et de prendre les enfants pour des imbéciles, on ne va pas non plus se plaindre. Avec un scénario simpliste, Georges le petit curieux est un film d’animation traditionnel mené à un train d’enfer et qui ne tombe pas dans la niaiserie.