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Critique : Antibodies |
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Le jeune réalisateur allemand Christian Alvart nous livre un thriller dans la lignée du Silence des Agneaux : Antibodies.
A 32 ans, Christian Alvart a bien assimilé les influences du thriller mettant en scène le jeu du chat et de la souris. Sa source d’inspiration la plus flagrante dans Antibodies est bien entendu Le Silence des Agneaux, le classique auquel on ne peut s’empêcher de penser à la vision de ce thriller venu d’Allemagne. Le film s’ouvre sur l’arrestation spectaculaire de Gabriel Engel, grand criminel ayant violé et torturé 14 personnes dont 13 jeunes enfants. Michael Martens, policier dans un petit village de campagne, va alors vouloir l’interroger car il est persuadé qu’il peut être l’auteur du meurtre d’une jeune fille. Martens entre alors dans un jeu dangereux avec Engel, qui va remettre en question ses convictions les plus profondes.
Se rapprochant clairement de l’œuvre de Jonathan Demme, d’ailleurs cité dans le film, Christian Alvart fait presque du thriller à l’américaine, mais en réussissant à bien l’adapter à la sensibilité européenne. Comprenez par là que, parmi les longs-métrages venus d’outre-Atlantique, il a su garder une mise en scène assez classique, mais appuyée par un rythme haletant. Cela commence dès le début avec une scène d’arrestation musclée pleine de maîtrise technique. Ici, Clarence Starling est remplacée par Michael Martens, jeune policier intègre et croyant, qui va être mené au bord de la folie par une manipulation sadique de Gabriel Engel. Les joutes verbales entre les deux protagonistes sont particulièrement intéressantes, Engel laissant éclater toute sa folie malsaine. Les dialogues sont quant à eux soignés, et l’on saluera au passage quelques références à la Bible assez bien vues.
Alvart réussit à bien disséquer également deux types de vies et de sociétés radicalement différents. Tout d’abord, la ville est ici montrée comme un lieu de corruption et de vices, avec ses truands et ses bars à prostituées, tandis que de l’autre côté, le village de campagne est un lieu plutôt paisible où les gens se connaissent. Mais depuis le meurtre de cette jeune fille, le malaise et la suspicion sont partout, mis en avant de la meilleure des manières par le metteur en scène. Le parallèle entre Gabriel Engel, le citadin sadique et pervers, et Michael Martens, le petit policier intègre mais qui va perdre pied, est alors très bien développé. Le scénario brouille habilement les pistes et, malgré un sentiment logique de déjà-vu, l’histoire se fait palpitante d’un bout à l’autre et par moments clairement dérangeante. Où est la barrière entre le Bien et le Mal ? Y a-t-il une démarcation claire entre ces deux positions ? Le film pose la question de manière subtil et Martens ne sait plus où il en est, le Mal le rongeant petit à petit au cours du film, montant insidieusement et inexorablement. La manipulation est bien entretenue et, jusqu’au bout, on finit par ne plus savoir qui croire, jusqu’à ce dénouement malheureusement trop lisse et joyeux, comme si Christian Alvart n’avait pas oser aller jusqu’au bout de son propos comme David Fincher l’a fait avec la fin traumatisante de Seven. Dommage pour un film qui aurait pu s’imposer comme l’un des tous meilleurs thrillers de ces dernières années.
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Publié
le 29/07/2006 par Cyril Perraudat
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| Verdict |
En lorgnant du côté du Silence des Agneaux, Christian Alvart nous livre un jeu du chat et de la souris bien maîtrisé mettant en scène un psychopathe pervers à souhait. Seul un sentiment de déjà-vu et une fin moins inspirée entachent ce thriller captivant. |
7/10
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