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Critique : Stay |
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Quelque part entre rêve et réalité, film fantastique et film expérimental, Marc Forster nous livre son nouveau film : Stay.
Avec son troisième film, A l’ombre de la haine, Marc Forster avait permis à Halle Berry d’obtenir l’Oscar de la meilleure actrice et de devenir par la même un réalisateur à suivre. Il nous a livré depuis Neverland, avec Johnny Depp et Kate Winslet, qui avait été globalement bien accueilli par le public. Pour son nouveau film, il nous offre un thriller fantastique à la limite du film expérimental. Ici, Ewan McGregor incarne Sam Foster, un brillant psychiatre qui hérite d’un jeune patient nommé Henry Letham. Ce dernier lui annonce qu’il se suicidera dans trois jours. En essayant de mener une action afin de comprendre Henry, Sam va se perdre au milieu d’une histoire où il ne sait plus si ce qu’il voit est réel ou imaginaire.
Difficile de parler de Stay sans trop en dévoiler de son histoire. Adoptant une esthétique ultra-léchée et s’appuyant sur une histoire assez complexe, le film est, par moments seulement, une expérience sensorielle réussie, nous emportant aux côtés de Sam Foster et de sa perte de repères. Où est le vrai ? Que se passe-t-il ? Le scénario sait donc se faire parfois captivant et cela grâce surtout à l’interprétation des acteurs. Ewan McGregor et Naomi Watts font étalage une nouvelle fois de tout leur talent, interprétant tout en nuances des personnages psychologiquement déchirés après un terrible événement. Ryan Gosling est quant à lui parfait en jeune homme déboussolé au caractère trouble et confirme tout le bien qu’on pouvait penser de lui après Danny Balint. Mais, alors que Marc Foster tente de nous livrer une sorte de tableau abstrait fait de plans enchaînés bourrés d’effets de styles, il use de ceux-ci jusqu’à l’overdose. Plutôt que de nous emporter dans une ambiance très personnelle, ils déroutent le spectateur jusqu’à le faire sortir de ce labyrinthe fortement influencé par une atmosphère proche du travail de David Lynch.
On a alors l’impression d’assister à une grossière copie du cinéaste précédemment cité. Le soufflet retombe inéluctablement lors d’un final qui nous laisse véritablement un arrière-goût amer de supercherie qui tourne à vide. On ne comprend pas trop où Marc Forster a voulu en venir tant l’intrigue est confuse. Quel dommage car pourtant le film recèle tout de même quelques scènes visuellement édifiantes et la direction d’acteurs est tout bonnement irréprochable. Stay n’est pas un ratage, loin de là, et peut se regarder pratiquement comme un tableau de peintre tant l’esthétique soignée en fait une œuvre visuellement intéressante qui parvient à nous tenir les yeux rivés à l’écran.
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Publié
le 28/07/2006 par Cyril Perraudat
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| Verdict |
Avec une intrigue trop confuse et une esthétique un peu trop chargée, Marc Forster tente de livrer en vain un film proche de l’univers de David Lynch. On ne retiendra de Stay que la prestation du trio d’acteurs principaux. |
5/10
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