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Critique : Papa |
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Pour son deuxième film, le « Robin des bois » Maurice Barthélémy réalise un road-movie intimiste qui permet à Alain Chabat d’évoluer dans un registre dramatique dont il n’est pas coutumier.
Un enfant nommé Louis (Martin Combes) et son père (Alain Chabat) roulent sur l’autoroute à bord de leur voiture plutôt ancienne. Louis a un papa toujours souriant et prêt à faire n’importe quelle blague pour apporter de la bonne humeur et faire sourire son fils. Mais Louis n’a pas vraiment la tête à rire depuis un événement tragique survenu il y a peu. Le voyage qu’ils sont en train de faire ensemble va leur permettre de communiquer et de mettre les choses au clair entre eux afin de surmonter ce drame et de recommencer à vivre normalement.
C’est un sujet difficile, les rapports père-enfant après un drame, que Maurice Barthélémy, membre de la troupe des « Robins des bois », aborde ici. Il réalise là son second film après Casablanca Driver, plutôt bien accueilli par la critique, mais passé inaperçu lors de sa sortie en salles. Il confirme grâce à Papa qu’il est un réalisateur de talent, évoluant dans un registre en marge de ce que l’on voit habituellement.
Renouant avec un genre qui se fait de plus en plus rare, le road-movie, il se focalise donc presque exclusivement sur ses deux protagonistes principaux, le père et son enfant, et les relations qu’ils entretiennent. Pour rester au plus près de ses acteurs, il filme en privilégiant la caméra à l’épaule ce qui permet au spectateur de se sentir quasiment à leurs côtés tout au long du film et de partager leur intimité. Le film est bien construit sur un tempo plutôt lent, mais où l’ennui ne s’installe jamais grâce au scénario bien ficelé qui nous tient en haleine. On comprend que quelque chose de vraiment grave s’est passé dans la vie de ces deux personnes. Ils vont faire quelques rencontres pendant ce voyage salvateur pour leur relation. Chaque arrêt que va faire ce petit couple durant leur périple va être caution à un événement tantôt drôle, tantôt tragique, souvent révélateur de leurs sentiments. Le film est donc plutôt intelligemment rythmé et est appuyé par une savoureuse bande originale.
Du côté de l’interprétation, Alain Chabat montre qu’il est réellement un grand acteur à ne pas cantonner uniquement à des rôles comiques. Il maîtrise la subtile frontière entre rires et larmes, joue avec pour notre plus grand bonheur. Il joue à merveille le rôle de ce père aux airs toujours joyeux et un peu puéril. Tout cela pour cacher un réel sentiment de malaise qu’il avouera avec subtilité lors d’une rencontre sur le parking d’un hôtel. Martin Combes, de son côté, est une révélation tant l’expression mélancolique qu’il dégage paraît des plus naturelles. Il joue avec une réelle justesse ce fils qui ne comprend pas vraiment l’attitude de son père. Les deux acteurs contribuent à la crédibilité de l’histoire tant ils réussissent à incarner sans caricature les relations que peuvent entretenir un père et son fils après un évènement douloureux.
Si on veut faire la fine bouche, on trouvera bien ici et là quelques négligeables invraisemblances et petites baisses de régime qui ne sauraient en aucun cas nous gâcher le plaisir d’assister à un film simple, tragique sans jamais tomber dans le mélodrame pompeux.
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Publié
le 12/07/2005 par Cyril Perraudat
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| Verdict |
Avec son second film, Maurice Barthélémy s’inscrit déjà comme un réalisateur singulier à suivre avec un grand intérêt. Il signe là une œuvre réellement touchante et impeccablement servie par deux acteurs de talent. |
8/10
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