Stay Alive, le premier film de William Brent Bell tente de réconcilier amoureux du septième art et gamers de tous horizons. Et c’est pas gagné.
Après
Boogeyman, produit par
Sam Raimi et
Terreur sur la ligne, remake du film de
Fred Walton, c’est au tour de
Stay Alive de faire son apparition dans la mêlée des films angoissants de cet été. Au menu, un scénario original initialisé par le metteur en scène lui-même accompagné de son producteur
Matthew Peterman. Le film commence plutôt bien. Un jeune américain teste la version bêta de
Stay Alive, un jeu vidéo mystérieux et sanglant, dans lequel les joueurs doivent s’aventurer dans le château transylvanien de la Comtesse Batthory, noble bien connue pour avoir assassiné plus de 600 vierges lors de son existence au 17ème siècle. Imbattable en jeux virtuels, l’adolescent se voit pourtant confronté à un Game Over, son personnage mourant pendu après avoir traversé une énorme baie vitrée. Quelques instants plus tard, le garçon meurt dans les mêmes conditions. Et ça ne fait que commencer, puisque le jeu vidéo non-commercialisé tombe entre les mains de ses amis qui possèdent tous la particularité d’être des hardcore gamers.
Devant un tel scénario mêlant jeux et réalité, le spectateur pouvait s’attendre à un produit bien huilé, effrayant et sanglant. Du sang, il n’y en aura pourtant pas dans ce film qui tente de toucher un très large public, en oubliant par là même les impératifs du genre. Aussi, les quelques minutes de suspens parfaitement inoffensives présentes à la fin du film serviront d’alibi à une œuvre très mineure du cinéma fantastique, sorte de slasher movie pour ados traité sur le mode du thriller, sans le rythme haletant et l’action inhérents à ce type de productions. Il est d’ailleurs étonnant de constater que le metteur en scène cite
Shining de
Stanley Kubrick ou
Rosemary’s baby de
Roman Polanski pour définir son film. Un comble puisque celui-ci manque cruellement de psychologie ce qui l’aurait rendu, sans aucun doute, plus palpitant.
Néanmoins intéressant du point de vue esthétique, et grâce à l’aide de
Cliff Bleszinski (aussi connu sous le nom de CliffyB), designer du très efficace Gears of War, les scènes mêlant la réalité aux images du jeu bénéficient d’une mise au point étonnante. Bien que des films comme
Doom ou
Final Fantasy s’étaient déjà aventurés sur ce terrain,
Stay Alive est assez novateur et pourrait bien être le précurseur de jeux vidéo à venir. D’une manière similaire, avoir planté le décor dans les quartiers froids, emprunts d’occultisme et de magie noire, de la Nouvelle-Orléans est une bonne idée qui se distingue encore davantage avec les images numériques du château et du cimetière imaginaire. Du coup, il est réellement à déplorer que le clou du spectacle, l’apparition de la Comtesse, soit à ce point décevant, faisant plonger tout le bonus engendré jusqu’ici dans une banale série B. Tout ceci ne fait pas beaucoup d’atouts pour un scénario qui s’annonçait ravageur et jubilatoire mais dont on ne retiendra qu’ennui et frustration. Pour son premier essai en tant que metteur en scène, William Brent Bell ne s’aventure pas hors des codes balisés du film d’horreur malgré une bonne idée de départ. L’imagerie et la technologie graphique s’avèrent être les seuls atouts d’un film finalement très décevant.