|
Critique : Avril |
 |
|
Réalisateur récompensé de courts-métrages, Gérald Hustache-Mathieu passe au long avec Avril, interprété par Sophie Quinton et Nicolas Duvauchelle.
Revoici l’ami du film d’auteur français, Nicolas Duvauchelle ! Il rejoint cette fois le premier long-métrage de Gérald Hustache-Mathieu, réalisateur déjà reconnu pour son travail sur ses deux courts-métrages. Pour son passage dans la cour des grands, il offre à son actrice fétiche, Sophie Quinton, le rôle d’Avril, une orpheline abandonnée à la naissance dans un couvent et n’ayant jamais quittée ce lieu. Alors qu’elle est sur le point de prononcer ses vœux perpétuels, Sœur Bernadette, qui s’est toujours occupée d’elle, lui avoue que son frère jumeau a été abandonné en même temps qu’elle mais qu’il a été a confié à un orphelinat jésuite. Parti à sa recherche, Avril rencontrera Pierre, un beau jeune homme partageant son goût pour la peinture qui l’emmènera jusqu’en Camargue où le frère caché passe ses vacances avec son petit ami. Mélange totalement improbable voire irréaliste par moments, le scénario d’Avril tient à l’esprit qui l’anime et à sa réalisation, positionnant le scénariste et réalisateur Gérald Hustache-Mathieu comme un grand espoir du cinéma français.
Pour sa première œuvre, il arrive à créer un université et à affirmer sa personnalité, proche d’un Takeshi Kitano soft car français. Malgré son scénario dramatique, la plupart du film se passe sur une plage où une communauté pour le moins étrange cherche un moment d’évasion. La complicité entre les acteurs passe à l’écran et fait plaisir à voir. Si ce n’est pas un rire à gorge déployée qui nous prend, le sentiment d’être heureux avec les personnages est présent. On se sent à notre tour coupé du monde au point d’en oublier l’aspect dramatique du film.
L’obsession du réalisateur pour la peinture se sent aussi bien dans l’histoire que dans la photographie. S’il ne fait pas des merveilles niveau découpage, il porte un soin tout particulier à l’image. Les cadres sont faits avec une rigueur et un sens de la composition assez rares. Les couleurs sont superbes, notamment les bleus, et Gérald Hustache-Mathieu s’amuse ainsi à placer un maximum d’éléments colorés dans son cadre. Ainsi, quelle meilleure excuse qu’un personnage fabricant de peinture pour placer des pots de pigments colorés dans tous les plans à l’intérieur de sa voiture ? Le réalisateur mélange cela avec un traitement du son très réaliste faisant penser aux frères Dardenne. Pour son premier long-métrage, il arrive ainsi à créer son identité et à insuffler de la poésie et de la fantaisie dans son récit dramatique. Si tout n’est pas encore abouti et maîtrisé, tous les éléments sont là pour que Gérald Hustache-Mathieu devienne une figure forte dans le paysage cinématographique français.
|
| |
|
Publié
le 20/06/2006 par Yannick Gallepie
|
| Verdict |
Avril est un drame fantaisiste et poétique qui révèle un grand réalisateur en devenir. Le spectateur n’a plus qu’à se laisser bercer. |
7/10
|
|
|
|