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Critique : The Road to Guantanamo |
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Vainqueur de l’Ours d’Argent au Festival de Berlin et porté par une rumeur dithyrambique, le duo de réalisateurs Michael Winterbottom et Mat Whitecross apporte en France leur film coup de poing. Préparez-vous au choc de Guantanamo.
Délicat sujet que celui abordé par The Road to Guantanamo. Il fallait une subtilité inouïe pour parvenir à évoquer les horribles conditions de détention de la funestement célèbre prison de Guantanamo sans verser dans le lacrymal ou dans la surenchère d’atrocités. Pari gagné pour le duo Michael Winterbottom et Mat Whitecross, qui retrouvent toute la sensibilité dont le premier nommé avait su faire preuve dans In this World (déjà récompensé d’un Ours d’Or à Berlin en 2003). Les cinéastes emploient un mélange original et efficace d’images d’archives, d’entretiens avec les véritables protagonistes, et d’une reconstitution incroyablement réaliste avec les acteurs. Michael Winterbottom et Mat Whitecross donnent ici tout son sens à l’idée d’un art nécessaire. Car au-delà de la formelle réussite artistique (sur laquelle il semble inutile de s’attarder puisque celle-ci est totalement mise au service de l’histoire racontée), The Road to Guantanamo pose de véritables questions. Dont celle imprimée sur l’affiche américaine : jusqu’où irons-nous au nom de la sécurité ? Quelle légitimité peut-on invoquer pour justifier de tels actes ? A coup sûr, les images de bombardements ou de passages à tabac resteront longtemps en mémoire. D’autant plus qu’elles réactivent des souvenirs peu glorieux, et somme toute pas si lointains, de l’Histoire contemporaine avec le convoiement de prisonniers dans des fourgons à bestiaux.
Terrifiant, The Road to Guantanamo l’est sans aucun doute. Mais il est surtout dérangeant, dans le sens où il nous fait prendre conscience du fait que tout ceci se déroule au vu et au su de tout le monde, sans que la communauté internationale puisse y faire quelque chose. On finit par se demander comment un tel film a pu trouver un distributeur aux Etats-Unis. Le choc se fait d’autant plus rude à la sortie de la salle, où l’on s’étonnerait presque de pouvoir marcher dans la rue en toute sécurité. A voir pour culpabiliser.
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Publié
le 16/06/2006 par Sabine Garcia
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| Verdict |
Jamais facile, jamais larmoyant, mais jamais provocateur en vain, The Road to Guantanamo risque de laisser une marque profonde et douloureuse dans nos cœurs. A ne manquer sous aucun prétexte si l’on prétend à un minimum de conscience humaine, humanitaire et citoyenne… |
8/10
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