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Critique : Poséidon |
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Après avoir revisité la guerre de Troie avec plus ou moins de réussite, Wolfgang Petersen retrouve son thème de prédilection : les drames maritimes.
Après Das boot qui le révéla en 1981 et En pleine tempête qu’il réalisa vingt ans plus tard, on pouvait penser que le choix de Wolfgang Petersen pour Poseidon allait de soi. Son film n’en comporte pas moins moult problèmes que ce soit du point de vue du traitement ou de la mise en scène. Tout d’abord, l’une des composantes essentielles du film catastrophe est d’étirer au maximum l’exposition afin de développer les caractères des personnages pour que les spectateurs puissent s’identifier émotionnellement dans le destin de chacun d’eux. Ici, après quelques scènes expéditives nous présentant trop brièvement les personnages, la scène-choc du film, le renversement du bateau, arrive trop vite. On doit reconnaître que sur le plan du réalisme, la catastrophe est une vraie réussite et qu’elle dépasse de loin l’émotion qu’on pouvait ressentir dans le film original de Ronald Neame. Mais alors que dans le film de 1972, on s’attachait aux personnages au fil des péripéties, il n’en est rien dans celui de Petersen.
L’intérêt du film de Ronald Neame n’était pas seulement de chambouler les repères de façon physique (le bateau se retournant complètement, imposant de nouvelles règles à un univers jusque là connu et maîtrisé, le plafond devenant le sol) mais aussi de façon métaphorique (entre un Gene Hackman prêtre et un Ernest Borgnine ancien flic, ce sont deux courants de pensée radicalement différents qui se retrouvaient mis à l’épreuve). Le remake, lui, n’affiche rien au compteur. Poussé par un leader pas assez charismatique (Josh Lucas), les autres sont un peu falots et hormis les « dinosaures » que sont devenus Kurt Russel ou Richard Dreyfuss, le casting est un peu faible. Ils sont tous beaux mais ce que Wolfgang Petersen n’a pas compris c’est que ce n’est pas ça qui va déterminer le spectateur dans son envie de les suivre. Seul un Richard Dreyfuss vieillissant apporte un peu d’humanité dans son personnage et nous donne l’une des seules scènes émouvantes du film.
Côté action, il serait faux de dire que l’on n’est pas servi. Cependant, face à une musique tonitruante trop présente et vite lassante composée par Klaus Badelt (clone du grand Hans Zimmer) et des effets pyrotechniques répétitifs et assourdissants, le spectateur baisse vite les bras, condamné à se demander qui va être « rescapé » par le scénariste, seul enjeu d’un récit qui n’évite pas l’ennui. L’action se retrouve découpée en épisodes et l’on attend sagement la fin de l’un pour suivre le suivant. A peine si le scénario fait appel à nos stimuli de spectateurs pervers qui aiment voir les protagonistes se débattre face à la mort. Finalement, on finit par se dire que le film débutait bien, et qu’il était bien beau ce panoramique de l’extérieur du paquebot suivant de loin le jogging de Josh Lucas et baignant alors dans un océan encore calme, le tout filmé uniquement en image de synthèse. C’était encore le générique. Et c’est bien peu.
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Publié
le 12/06/2006 par Christophe Hachez
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| Verdict |
Apparemment, Wolfgang Petersen a mal assimilé les règles du film catastrophe. Exit le passé, le charme, les contradictions des protagonistes. L’action est bien présente mais se traîne durant de maigres 98 minutes. Un film qui fait plouf. |
4/10
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