Vin Diesel reprend le concept de l’acteur jouant totalement à contre-point, à la manière de Schwarzenegger dans Un flic à la maternelle, dans Baby-sittor, un film guère meilleur que son modèle. Le résultat ressemble à un plat qui viendrait d’une recette mauvaise à la base, qu’on cuisinerait avec des mauvais ingrédients et qu’on cuirait mal.
Pourquoi
Vin Diesel a-t-il repris ce rôle qui n’avait pas réussi à
Schwarzenegger et
Stallone ? C’est sûr, le synopsis annonce une catastrophe, mais bien exploité peut-être… On peut passer sur le manque d’originalité de l’histoire, toutes les histoires ayant déjà été faites en définitive. Mais ce qui est impardonnable, c’est le manque d’originalité des blagues, qui seules devraient pouvoir différencier ce film des autres.
Adam Shankman semble réaliser une « Anthologie des blagues foireuses déjà faites 1000 fois dans un film ». On a le droit à toute la panoplie : « le gros costaud sur un vélo pour petite fille », « oups j’ai oublié le bébé », « le bébé a pété » et l’incontournable « passage Rocky » ( je montre en parallèle les progrès de mes personnages sur fond musical). Tout ça pour arriver à un final plein de bons sentiments lui aussi vu 1000 fois.
Ah oui ! L’histoire contient aussi une partie thriller d’espionnage avec une trahison finale et le traumatisme du fils qui fait le même travail que son père. Original ? On a aussi le droit à la petite vie de famille totalement inintéressante. Vous apprendrez donc que les adolescents ont des problèmes de discipline, cherchent leur personnalité, mais ne se soucient pas de la mort de leur père tant qu’ils peuvent faire la fête le samedi suivant. Tout cela est sensé servir la seule évolution de Shane, passant du gros bourrin au père modèle. Ca intéresse quelqu’un ? En tout cas pas le réalisateur qui traite le tout on ne peut plus superficiellement en préférant tenter d’être drôle.
Peut-être que la façon de traiter l’humour sauvera le tout ? Et bien toujours pas !
Vin Diesel ne brille pas comme acteur bourrin qui veut faire rire. Allez Vin, oublie la comédie et retourne aux films d’action ! Le film joue la facilité et ne semble jamais aller au bout d’un possible délire, comme cette « danse du panda » qui aurait pu être drôle interprété par un acteur habitué au ridicule. Les scènes ont deux schémas narratifs. Certaines sont formées d’un dialogue dont on se fout royalement, puis le réalisateur s’est rendu compte sur le tournage qu’il n’y avait pas de blague, sort son « Anthologie des blagues foireuses déjà faites 1000 fois dans un film » et nous colle une chute qui n’a rien à faire là. Les autres sont faites pour la blague, on sent la blague arriver et, fatalement, elle arrive, grillée des minutes avant. Dans les deux cas, le temps paraît long.
Le seul gag drôle de la bande-annonce est monté totalement différemment dans le film et tombe à plat. La seule blague marrante restera l’affiche française et son inscription « choc nourrice » (Chuck Norris, ha ha !). On lui promet une diffusion régulière à la télévision en après-midi les jours fériés. Cela aurait éventuellement pu être drôle réalisé par Jim Abrahams et joué par Charlie Sheen... Un navet, en somme.