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Critique : Hooligans |
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Elijah Wood mange le béton et goûte le sang dans Hooligans. Le gentil Frodon a-t-il réussi sa conversion ?
Pour l’un de ses premiers films post-Seigneur des anneaux, Elijah Wood avait choisi un projet inattendu et à mille lieues de ce que l’on pouvait attendre de sa part : un film traitant du milieu brutal des hooligans, réalisé par une ancienne championne de karaté allemande reconvertie dans le cinéma aux Etats-Unis. L’originalité d’un tel projet pouvait donc bel et bien susciter la curiosité.
Et le résultat n’est pas glorieux. Le film vérifie en effet à la perfection l’idée que l’enfer est pavé de bonnes intentions. On sent l’implication et la sincérité de Lexi Alexander, la réalisatrice, qui imprègne chaque image, chaque plan, et la bonne volonté des acteurs (Elijah Wood et Charlie Hunnam en tête) qui transperce l’écran, mais rien ne fonctionne ! La faute en premier lieu à un scénario extrêmement maladroit qui finit par rater tous ses objectifs à force de mal s’y prendre. Pire encore : à force de dépeindre par la caricature ce milieu qu’elle entend dénoncer, Lexi Alexander développe de l’empathie pour ces dangereuses bandes de semi-alcooliques bagarreurs. Le final offre quant à lui une improbable morale incroyablement démago et terriblement stupide. « Les hooligans c’est pas bien. Mais il faut apprendre à voir le bon côté des choses. Grâce à eux, Matt sait maintenant se battre et peut casser la gueule au méchant monsieur qui l’embête. » Navrant… On peut toutefois reconnaître à Lexi Alexander un sens certain de la mise en scène de la brutalité, qui fait réellement ressentir au spectateur la violence des corps qui se heurtent et des os qui se brisent. On sent également une approche du cadre assez prometteuse… si tant est qu’elle soit un jour servie ou mise au service d’un script mieux conçu.
Hooligans pose également la question du « cas » Elijah Wood. On commençait à le savoir mais cela se confirme : le jeune acteur est pour le moment absolument incapable d’assumer un premier rôle correctement (outre Les Seigneur des anneaux, voir la médiocrité de sa prestation dans le cependant très bon Tout est illuminé). On le sait pourtant excellent dans les seconds rôles où il peut-être tour à tour hilarant (The Faculty), touchant (Eternal Sunshine of the Spotless Mind), ou bien tétanisant (Sin City). Heureusement, la très haute tenue du reste du casting (Charlie Hunnam, Claire Forlani, Marc Warren et Leo Gregory pour ne citer qu’eux) permet au film de garder une certaine tenue, hélas pas très convaincante, ni suffisante.
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Publié
le 02/06/2006 par Sabine Garcia
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| Verdict |
Hooligans rate manifestement tous ses objectifs. Un mauvais film ? Non, pire encore : un film insignifiant. |
4/10
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