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Critique : Quatre étoiles |
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Isabelle Carré et José Garcia font chambre commune au Carlton dans Quatre étoiles de Christian Vincent.
Pour faire une comédie française, la recette est simple : prenez deux têtes d’affiche qui s’affronteront, des acteurs populaires sinon ça ne marche pas, des seconds rôles confirmés, et c’est parti ! Pour Quatre étoiles, Isabelle Carré et José Garcia s’affrontent dans un jeu de séduction où les pics fusent. Les seconds rôles sont tenus par François Cluzet et Michel Vuillermoz. Franssou, jeune femme à la vie peu réjouissante, hérite de 50.000 euros d’une tante qu’elle ne connaît pas. Surprise autant qu’heureuse, elle ne sait pas quoi en faire. Elle décide de quitter son quotidien pour un petit moment et de claquer tout son argent en quelques mois sur la Côte d’Azur. Première étape : l’hôtel Carlton sur la Croisette. Elle y découvre une personnalité trouble, celle de Stéphane. Cet escroc qui a un nom de famille différent pour chaque endroit de Cannes a de gros problèmes d’argent. Franssou en profite pour lier son destin à lui en lui prêtant de l’argent, un moyen pour elle d’accéder à un autre mode de vie.
Cette comédie basée sur trois personnages est soutenue par trois acteurs haut vol. Isabelle Carré, toute en beauté, charme la caméra d’un Christian Vincent qui l’a révélé en 1992 dans Beau fixe. L’opposition entre son aspect glamour sensuel et son naturel direct marche plutôt bien, créant un effet troublant sur le spectateur. José Garcia, lui, s’en donne à cœur joie en salaud outré qui perd totalement le contrôle de la situation qu’il a lui-même créé. François Cluzet, formidable acteur comique (sa géniale prestation dans La famille Guérin reste malheureusement méconnue), se retrouve lui dans un personnage pour le moins surprenant. Ancien conducteur de F1 ressemblant à Jean Alesi, il cite inconsciemment du Jean-Claude Van Damme et ressemble à Albert Dupontel lorsqu’il perd ses mots face à Franssou. Les trois s’envoient une flopée de dialogues faisant souvent mouche, parfois même irrévérencieux.
Toutefois, Quatre étoiles n’arrive jamais à soutenir le rythme de ses scènes les plus réussies. A force de vouloir surprendre par des changements brutaux chez ses personnages, Christian Vincent finit par perdre son spectateur. On ne sait sur quel pied danser. Si les personnages changent de comportement comme de chemises, le tout finit par tourner en rond. Aussi inconstant que leurs héros, on ne sait quoi penser de Christian Vincent et Olivier Dazant, les deux scénaristes. Génie ou fainéantise, le doute reste complet. Le meilleur exemple est le personnage de François Cluzet. Toutes les blagues faites à son sujet ont déjà été entendues il y a des années sur notre star de la F1, Jean Alesi. Son grand moment de bravoure n’est autre qu’une citation ultra connue de Jean-Claude Van Damme. Où est vraiment l’intérêt ? Se basant entièrement sur les dialogues, la réalisation se contente de juxtaposer les scènes de dialogues. Le rythme est trop lent pour passionner et les enjeux dramatiques sont inexistants. L’histoire ne devient plus qu’un prétexte de dialogues plus bien écrits. On rie, oui, mais cela suffit-il à faire de Quatre étoiles une bonne comédie ?
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Publié
le 09/05/2006 par Yannick Gallepie
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| Verdict |
Les acteurs et la bonne écriture des dialogues emportent le morceau mais malheureusement, pas grand chose ne suit après... |
6/10
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